Le MOS France 2012 !

Cette année, Hip Open est partenaire du Meeting Of Styles France.


L’étape française de ce festival international de Graffiti a lieu à la Casa Musicale, à Perpignan. L’événement se passe ce week-end (21 et 22 juillet). Graffiti de jour ? Graffiti de nuit ? Le public présent pourra profiter des deux grâce aux horaires étendues : de 18h à 4h le samedi et 12h à 0h le dimanche.

CelloGraff réalisé par Astro et Kanos à Perpignan pour annoncer le Meeting Of Styles

L’association U.I.S.C vous a concocté un programme autour de la street culture (graff, deejaying, rap, danse, roller, skate, BMX).

Plus de 50 graffeurs français et internationaux  seront présents spécialement pour l’occasion. Avec 1200 m2 de surface sur des murs qui vont de 2 à 5 mètres, ça vaut le détour ! Sans compter la free zone qui donnera la possibilité à d’autres graffeurs de laisser une trace de leur art, bien que très éphémère.

Des sessions de rap en freestyle sont également prévues, en présence de MC’s de la nouvelle génération : Deen Burbigo et Eff Gee (L’Entourage), Esso (Cool Connexion), Bunk et Jiddy Vybz (Set & Match), Kenyon, Fleyo, Némir, Hassan, Carlito, Gros Mo, en plus d’un invité surprise…
Durant le festival, il y aura aussi du breakdance sous forme de cercle ouvert à tous les danseurs. Nous pouvons déjà annoncé la venue de B.Girl Marion (vice championne du monde du Battle Of The Year 2011, en duo, et championne du BOTY France 2011 et 2012). L’ambiance du Meeting Of Styles France 2012 sera rythmée par les deejays du label Blackelk (Everydayz, UM, Gram, Freakshow).

Le MOS France se veut être une rencontre autour des disciplines de la culture Hip Hop, en invitant des artistes renommés. Pour le public, l’entrée est gratuite.

Donc rendez-vous dès samedi, à partir de 18h à la Casa !

> Pour plus d’infos : http://www.meetingofstylesfrance.com/

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Hip Open Event #1

Découvrez en images un aperçu du concert du 5 avril, à l’occasion du HIP OPEN EVENT #1,
en présence de RON BRICE, HASSAN, KEURSPI, FLEYO

Merci à toute l’équipe Hip Open qui s’est mobilisée pour l’organisation de la soirée !

Ron Brice, du flow et des textes

Vous connaissiez déjà Hassan le Fronçais et sa clique de Perpizoo. Hip Open vous avait aussi présenté Fleyo et Keurspi, actifs dans le rap bordelais. Mais on ne vous avait pas encore parlé de Ron Brice, ce parisien venu compléter l’affiche du Hip Open Event #1, jeudi 5 avril. Une belle occasion de rencontrer ce MC atypique, accompagné de Stresh, son deejay. 17h30, les balances s’achèvent… Micro à peine posé, platines encore chaudes, le duo file au débat du Hip Open Event #1 sur le rap et les médias, puis revient vers nous pour une interview décontractée, à l’écart d’une salle commençant à s’animer.


Pour commencer Ron, revenons sur ton parcours et ta rencontre avec DJ Stresh… Comment ça s’est passé ?

Ron Brice : On a débuté chacun de notre côté, il y a une quinzaine d’années. J’ai commencé le rap en 1996, avec mes grands frères. J’ai tourné dans des collectifs et fais pas mal de concerts. Ensuite, j’ai côtoyé Poison qui était proche de Ménage à 3, à qui était affilié Youssoupha. On fréquentait les mêmes studios et Stresh bossait aussi avec Youssoupha sur ses tournées. On a fait quelques dates ensemble. Et nous avions les mêmes influences, d’où la naissance de notre collaboration en 2006. A l’époque, Stresh bossait dans un magasin de vinyles sur Paris, et moi je vendais des disques dans la rue. Il me faisait écouter ses prods, et j’ai alors enregistré quelques trucs avec lui. Et dès 2007, on s’est mis à travailler sur l’album Reality Rap. Il a produit le morceau Bête noire et d’autres titres sur la mixtape Reality Tape. C’est mon associé sur la tournée et au sein de 16 Barz !



16 Barz
, c’est une asso ou un label ?

Ron Brice : C’est un label sous forme d’association. Nous sommes deux pour le moment. Je rappe et Stresh est deejay, producteur, backeur…(rires) Enfin il a plusieurs casquettes. On souhaite aussi travailler avec d’autres personnes de notre entourage, pour agrandir la famille et être plus vif sur le circuit. Pour le moment, on se concentre sur la sortie de l’album qui devrait arriver fin mai, début juin. Les morceaux sont faits mais on a encore deux clips à balancer avant. En attendant, la Reality Tape, mixtape de mes morceaux de 2005 à 2010 vient de sortir.

D’où l’abondance de titres sur cette tape ?

Ron Brice : En fait en 2005, je bossais plus avec les Soul Children, qui travaillaient aussi avec Flynt, Youssoupha, qu’avec Stresh. On avait fait un album qui n’est jamais sorti. Donc dans cette mixtape, mixée par Stresh, j’ai récupéré certains morceaux réalisés avec eux qui n’étaient pas connus… Parce que concrètement je me suis fait connaître en diffusant quelques morceaux sur le net. Nous, nous sommes de la génération où l’on rappait bien avant Internet, Myspace ou Facebook… Mais on s’est fait connaître par des clips qui ont tourné sur le web.

Tes clips justement, sont tous réalisés par Tcho/Antidote. Peux-tu nous parler de cette collaboration ?

Ron Brice : C’est une longue histoire faîte de connaissances en commun liées au graffiti, à la photographie, à la réalisation de clips… Stresh bossait avec Géraldo, qui lui, côtoyait Tcho et aidait un de mes potes à vendre des disques dans la rue. On se connaissait tous. Et un jour un mec a fait écouter un de mes sons à Tcho…

DJ Stresh : Au niveau du positionnement musical, cela correspond hyper bien à ce qu’il met en image. Sa vision de la musique s’adapte bien. Ce n’est pas calculé, leurs univers respectifs collent tellement bien que lorsque l’on ressert l’étau, c’est ce qu’il y a de plus cohérent.

Ron Brice : Après on clippe davantage parce qu’on a plus de visibilité. Avant, où pouvait-on les mettre nos clips ? Maintenant, la confrontation au public est directe et la rotation se fait d’elle-même, il n’est plus nécessaire de passer à la télé. Mais on mise plus sur la musique qu’on diffuse. On se dit qu’on a une particularité dans notre façon de faire, nos instrus, nos références… Des références très New Yorkaises, très outre atlantique dans la manière de faire la musique, d’utiliser les samples, dans les placements, ma manière de rapper…  Après cela ne fait pas tout, il faut aussi amener l’image qui va avec. Mais ça fait plaisir de voir que beaucoup s’identifient encore à ça, et accrochent toujours à ce style de musique.


Pourquoi ces influences New Yorkaises justement ?

Ron Brice : J’ai toujours écouté du rap français et du rap américain. Mais étant jeune, tu comprends plus le rap français. Le rap américain, c’est ce qui te fait bouger mais tu ne comprends pas vraiment les paroles, ni là où ils veulent en venir. Et quand à l’époque sur Paris il y a eu les 12’inch Allstar, des genres de concours, moi j’étais très poussé dans l’écriture, mais au niveau de la forme ce n’était pas ça. Là, j’ai réalisé que d’autres comme Wayman avaient déjà assimilé de faire du rap américain en français, avec des flows qui ont de la musicalité… En France, on était et on est toujours aujourd’hui centré sur les paroles. On donne plus d’importance au texte, à la bonne écriture, qu’à la musique en elle-même et à la manière de rapper. Moi j’ai vraiment pris mes influences sur l’école New Yorkaise donc j’ai trouvé important de réunir les deux, le fond et la forme.

Tu parles donc d’un manque français au niveau du flow ? 

Ron Brice : Les gens de l’ancienne école ont vraiment assimilé ce côté écriture mais délaissé le flow. La nouvelle vague elle, a percuté et est dans le truc spectaculaire, en donnant beaucoup d’importance au flow. Mais au niveau du charisme, du contenu, il y a un manque. Il faut avoir vraiment vu les deux pour donner de la consistance au truc. C’est de la culture après, une école. J’ai kické des trucs très différents, de Big L à Oxmo. Au niveau des paroles, je sais donc être profond. Mais je sais aussi être davantage sur le flow, parlant de choses plus légères et plus marrantes. Il faut vraiment allier les deux. J’essaye de bosser pour réunir cette culture française du texte, être touchant, et le dynamisme du flow.

DJ Stresh : C’est propre à notre génération. On fait parti de ceux qui ont grandi avec le rap américain. Et le rap français commençait vraiment à avoir ses têtes et ses acteurs principaux qui ont marqué leurs époques. Nous on écoutait Time Bomb, La Cliqua, qui eux à l’époque étaient déjà inspirés des flows américains, et qui poussaient l’écriture dans un autre sens en faisant l’alliage des deux. Comme on a grandit avec ça, ça nous a forgé notre intérêt. C’est ce qui fait que des mecs comme Hassan, Ron Brice ou Nemir et plein de MC’s de cette génération ont pris cette direction là. Pas seulement des textes, mais une jolie musique à écouter. Parce que si tu veux du texte pour du texte, tu lis un livre, t’écoutes pas un disque !

Ron Brice : Sachant que les sujets du rap maintenant sont connus. Tout est fait. Alors si rien n’est amené au niveau de la forme et donc du flow, de la manière d’amener le texte, cela ne sert à rien.

Votre collaboration semble couler de source au final ?

Ron Brice : On écoute tellement la même chose, les mêmes styles de sons… La plupart du temps, il m’envoie une prod et c’est la bonne. Alors que certains beatmakers m’en envoient 7 ou 8. Avec lui c’est souvent direct, on est bien en phase.

DJ Stresh : J’ai travaillé avec Youssoupha, avec Ali, mais c’est vraiment le MC avec lequel j’ai le plus de facilités. Je sais ce qu’il va faire. Je n’ai même pas besoin d’être là quand il va enregistrer, je sais ce qu’il va faire. Cela ne se passe pas toujours comme ça. Il y a des gens avec qui on a besoin de savoir dans quel univers ils évoluent, ce qu’ils aiment vraiment, il y a plus d’allers retours. Là ça s’enchaîne facilement, je lui passe les sons au fur et à mesure et ça se monte doucement.


Un duo de choc pour une performance détonante. Ron Brice, c’est du flow et des textes remarquables et une touche singulière à laquelle on adhère ! Et si le Hip Open Event #1 nous a régalé, c’est aussi parce que ces deux là ont assuré !


>> Pour plus d’infos, retrouvez Ron Brice et DJ Stresh sur Youtube, Facebook et Twitter.

>> Pour télécharger la Reality Tape, cliquez ici.

Ludovic Lacroix

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« Parce que le rap possède bien plus de richesses artistiques
et de valeurs qu’on ne le croit…

 Parce que le rap diffusé sur les grands médias reste une minorité
de tout ce qui se fait…

 Parce que le rap, ce n’est pas uniquement des billets,
des femmes dénudées et des cabriolets…»

L’équipe Hip Open

HASSAN… Du sens et de la punchline au service de vraies valeurs !


GHETTOBLASTER : n.c, lecteur de musique emblématique de la culture Hip Hop à ses débuts, connu pour sa taille démesurée et pour sa puissance de son conséquente ;
n.p, titre d’un morceau du rappeur Hassan, présent sur son EP « Warm UP », dont le clip tourne sur le net. 

Début 2011, Hassan est finaliste du Buzz Booster, un tremplin national de rap. A la fin de cette même année, il sort son premier EP Warm Up, réalisé en collaboration avec Enzoo, beatmaker de l’équipe « Perpi’Zoo » (Nemir, Gros Mo, Carlito Blanc…). Warm Up est comme un tour d’échauffement pour prendre la température, avoir un retour du public… La démarche de ce projet est de renouer avec les années 90, tout en s’inspirant de l’époque actuelle.

 

 

 


Ses références pointues dans le milieu du rap et ses connaissances bien précises de  l’Histoire de la culture Hip Hop, lui permettent d’enrichir son univers artistique et de transmettre ce savoir aux jeunes lors des ateliers de rap qu’il anime.

Persister est l’un des maîtres mot du MC perpignanais. Hassan part du principe qu’avec de la volonté, on peut réussir à atteindre son but. Sur Warm Up, on retrouve même un morceau intitulé « On persiste ». Et quoi qu’il arrive, il garde toujours l’esprit positif : «  Il y a toujours des haters qui critiqueront… Ils n’aiment pas mon maxi, ce n’est pas grave, ils aimeront le prochain c’est tout ! »

Hassan fait partie du nouveau souffle de rappeurs qui transpirent l’authenticité. Dans son rap, il relate la réalité de son vécu, de ce qui l’entoure, de ce qu’il connaît. Hassan se considère comme un chroniqueur de la rue et n’hésite pas à dénoncer ce que les médias ne dévoilent pas.

Il affirme que son but dans le rap n’est pas commercial. Son objectif est plutôt de faire kiffer les gens, faire passer des messages et se faire plaisir. Hassan pointe du doigt les majors, les labels qui sont axés sur l’aspect financier et qui s’enrichissent sur le dos de ceux qui travaillent dur pour réussir. « Je pourrais être clochard ou Bill Gates pour moi c’est la même, c’est quelque chose que je trouve dégueulasse, qu’il faut décrier, qu’il faut mettre sur la table. »

Ayant évolué au sein de la Casa Musicale, Hassan salue l’initiative et l’investissement des associations qui se battent pour donner la chance aux artistes de se professionnaliser. Il tient beaucoup à son côté indépendant dans le rap : « Avec une major, mes sons seraient commercialisés… Ok, mais je n’ai pas besoin d’eux, à l’heure d’internet, nous pouvons le faire par nos propres moyens. Donc à part concéder 50 % de mes droits, je n’y gagne rien moi à signer en major ! »

Hassan se démarque par son engagement. Il revendique ses opinions, il fait du rap et prend position. Son slogan, issu d’une de ses punchlines : « Parce que le rap sans texte, ça ne reste que du bruit » en est l’exemple. Cette phrase phare n’est pas une provocation envers certains MC’s, mais plutôt le moyen d’affirmer ce qu’il fait. Hassan prône le sens des textes : « Même si  tous les rappeurs ne sont pas axés sur le texte, nous ne sommes pas là pour dire n’importe quoi au micro. Je pense qu’il faut garder une cohérence, et même si ce n’est pas du rap conscient… ».

Fidèle à ses convictions, Hassan incite au militantisme et condamne l’individualisme ambiant. Il pousse à l’engagement et souhaite faire prendre conscience aux gens qu’il faut croire en ses idées et aller jusqu’au bout. « Lorsque l’on monte sur scène, on demande au gens de voter, non pas parce que c’est un devoir de citoyen, mais pour que nos gosses ne vivent pas sous le règne de Le Pen ! »

Deux Master 2 en poche, en droit et en sciences politiques, ce punchliner est très attentif à la politique, qui perçoit comme obligatoire, indispensable, mais malsaine. Il craint énormément l’endoctrinement des populations, la domination du peuple… Selon lui, la crise actuelle n’est qu’une simple façade. « On a vraiment l’impression que ça va mal, etc. Il faut arrêter, la France va très bien, je ne pense pas que le mec qui mangeait hier, ne mange plus aujourd’hui. A chaque époque c’est la même merde… peut être différente, mais c’est la même merde ! »

Cash et déterminé, ce MC de Perpignan, nous a fait part de sa volonté de rédiger personnellement un article pour Hip Open, à l’approche des élections présidentielles… En attendant, son EP Warm Up est disponible en téléchargement gratuit sur le net. Bonne écoute !

 

 

 

> Pour télécharger Warm Up, cliquez ici !

>> Pour plus d’infos : le blog du MC Hassan

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« Parce que le rap sans texte ça ne reste que du bruit ! »
Hassan