Le MOS au Centre du Monde !

L’exposition rétrospective du Meeting Of Styles France 2012 continue et cette fois-ci, Hip Open vous donne un aperçu en images.

Avant tout, rappelons que cette expo se tient dans un lieu assez exceptionnel et rempli de sens… El Centre del Mon (Le Centre du Monde, en Catalan). Ce nom a été donné en référence au peintre Salvador Dalí qui considérait la gare de Perpignan comme le centre du monde. Plusieurs décennies après sa toile intitulée La Gare de Perpignan, c’est cette même gare qui accueille des œuvres d’une nouvelle génération, celle d’artistes issus du Graffiti.

Vitrine de la gare

 

Le vernissage a marqué les esprits par l’aspect inédit de la soirée. Imaginez : DJ Gram aux platines, des projections vidéo, un bar et les performances Graffiti de Hope et Mutha en direct sur des bâches en 4m x 3m… Le tout dans un hall de gare !

Vernissage

 

Hip Open, partenaire du Meeting Of Styles France a assuré les relations médias de l’événement et a participé à l’organisation de l’exposition aux côtés de l’équipe UISC.

A titre d’info, l’installation est visible jusqu’au 22 juillet 2013…

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Un coup de cœur pour une photo ou des panneaux graffés en exposition ? N’hésitez pas, ils sont en vente !

Fresque QUESA : SLY2

>> Contact : mosfrance@hotmail.fr
>> Plus d’infos sur : www.meetingofstylesfrance.com

NJ

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Ecks & Gerso

« Les styles se confondent de plus en plus… Aujourd’hui, il est difficile de faire la différence
entre un graffiti américain, mexicain ou même français. »
Ecks

GERSO (Mexique)

DESY : son parcours, sa vision…

Peux-tu te présenter ?

Moi c’est Desy, je peins depuis 1988, je suis originaire de Sarcelles. Mon style de Graffiti est assez classique… Je me suis essayé un petit peu à tout, même à la 3D il y a une dizaine d’années mais je préfère le Graffiti classique.

Comment te situerais-tu dans l’histoire du Graffiti français ou même parisien ?

Dans le Graffiti parisien, je me considère dans la middle school parce que j’ai commencé dans la deuxième génération de graffeurs. Il y a les premiers qui sont arrivés au début des années 80. Puis, le mouvement a explosé et je suis arrivé à ce moment là, que l’on appelle la deuxième vague.

Comment as-tu vécu le début du Hip Hop ?

De façon très très intense… Déjà, les gens voyaient le Hip Hop comme une mode qui arrivait et qui allait passer très vite, alors que pas du tout puisque ça continue encore aujourd’hui !

J’ai vraiment kiffé le début. A Stalingrad (dans le 18ème arrondissement de Paris) il y avait le premier terrain de Graffiti, qui était le plus gros d’Europe à l’époque. Et il y avait aussi un shop avec des sapes de New York. Donc on allait au terrain, puis on passait à la boutique. Les infos Hip Hop, on les avait surtout ici.

Et aujourd’hui, ce qui anime mon esprit, c’est ce que je voyais quand j’étais ado… Les Bboys, par exemple, quand j’allais voir les BBC à Stalingrad. Je revois ça et quelque part, j’essaie de le retranscrire…

Le Hip Hop anime ma vie de tous les jours, que ce soit au niveau culturel, vestimentaire… J’écoute beaucoup de rap, qu’il soit américain ou français. Je me tiens toujours au courant, j’achète toujours des magazines de Graffiti. Même si je peins moins je suis toujours présent.

Que penses-tu de l’évolution du Hip Hop ?

Je pense que son évolution est bonne. Au début, nous n’étions pas beaucoup. Mais comme on devait tout le temps chercher l’information, c’était quand même galère ! Faut avouer que tu passais des heures à marcher pour aller voir un mur. Je ne dis pas que ce sont des mauvais souvenirs. Aujourd’hui, c’est bien de dire que j’ai marché deux heures pour aller voir un graff de Bando ou attendu trois heures pour aller voir un concert de Public Enemy. Donc ça c’était génial mais je préfère quand même l’information que l’on a en ce moment parce qu’elle est très vite diffusée. C’est un vrai changement par rapport à ce qui se passait avant…

Avant, il y avait le bouche à oreilles et quelques petits fanzines qui circulaient à droite à gauche comme The Zulu Letter ou Get Busy. The Zulu Letter était centrée sur le Graffiti et un peu sur l’ensemble du Hip Hop. Il y avait aussi Radio Nova, qui a commencé en 1987/1988 avec une émission qui s’appelait Deenastyle, qui nous donnait les infos sur ce qui se passait dans le Hip Hop, surtout niveau Rap. C’était les débuts et c’était plutôt sympa, c’est vrai.

En plus de l’information, peux-tu nous parler de l’état d’esprit qui régnait au cœur du mouvement ?

Au départ, on n’appelait pas ça le « Hip Hop »  mais « le mouvement ». On s’identifiait beaucoup à la Zulu Nation. Moi, ça ne me parlait pas plus que ça… Tout le monde en parlait donc on était dans le truc, on était dans « le mouv’ ». La Zulu Nation, c’était vraiment une organisation spécifique qui a été lancée par Afrika Bambaataa. Il était venu en Europe. A Paris, il avait désigné Candy comme représentatrice de la Zulu Nation France. Cela s’est fait en 1986, je crois… En suivant, elle a fondé le magazine The Zulu Letter. Donc ce fut quand même une étape importante dans l’histoire du Hip Hop. Mais tout le monde ne s’identifiait pas à la Zulu Nation car on ne devait pas tagger, pas boire d’alcool, etc. Il y avait une éthique très spécifique. Nous, on est vite sorti de là. Après le tag a explosé dans tous les sens et on a suivi le rythme. Puis beaucoup de taggers sont devenus rappeurs, notamment les NTM. Donc ça a donné un nouveau souffle.

Comme dans tout, au début, c’est beaucoup de passion puis les gens grandissent, ils vieillissent, ils ont besoin d’argent et ça devient un business. Moi, je n’ai jamais voulu faire de l’argent, ou très peu avec le Graffiti. J’ai toujours voulu le garder comme une passion.

Dans le Graffiti, il y a une grosse récupération aujourd’hui, mais elle n’est pas mauvaise en fait. Je viens de voir que le groupe Le Chat Noir a travaillé pour la marque Dim. C’est fort, ça me plaît beaucoup ! Parce que c’est un vrai visuel Graffiti, moi ce qui me dérange c’est la récupération en agence, par des mecs à qui on demande de faire du Graffiti alors qu’ils n’ont pas la culture. En le demandant directement à des gens concernés, ça donne quelque chose de très fort ! Tout de suite, on aime ou on n’aime pas le visuel mais il est Graffiti. C’est ce que l’on veut, que ça sente le Graffiti !

Comment différencierais-tu l’univers old school et new school du Graffiti ?

Souvent quand on parle de old school, on parle d’une certaine mentalité. J’ai commencé en 1988, donc on me met dans la catégorie old school mais je n’ai pas l’impression d’être old school en fait. Quand je suis avec tous les ODV, par exemple, qui sont beaucoup plus jeunes que moi, je me sens mieux avec eux qu’avec des mecs qui sont old school et qui vont être hyper aigris en disant que le Graffiti c’était mieux avant alors que non, pas du tout !

 

 

Avant, on peignait avec du mauvais matériel. Le matériel a évolué et il est bien meilleur aujourd’hui qu’il l’était il y a vingt ans. Tu prends aujourd’hui, une bombe qui coûte en moyenne entre 3 ou 4 euros, elle recouvre 3 fois plus qu’une bombe qui valait 20 francs à l’époque. Si tu fais le calcul, ça coûte moins cher de graffer aujourd’hui que de graffer dans les années 80.

Quel est ton regard sur le Graff d’aujourd’hui, en comparant à l’époque où tu as commencé ?

Déjà, il y a eu beaucoup d’améliorations qui ont contribué à l’expansion du Graffiti, que ce soit internet, la photo… Je trouve ça très bien !

Aujourd’hui, le Graffiti est plus officiel qu’avant. Mais je suis quand même forcé de dire que j’aime bien le vandale car pour moi le Graffiti, c’est aussi le vandale, même si c’est bien qu’il se soit démocratisé.

En fait, je suis un peu mitigé…J’aime bien ce qui se passait avant parce qu’aller chercher les infos nous apportait beaucoup de connaissances. Aujourd’hui, c’est différent, l’info est quasiment instantanée. Je ne dis pas que c’était mieux avant, ce n’est pas vrai car la facilité et la rapidité me semblent être des bonnes choses. Par contre, je pense que beaucoup de jeunes qui graffent aujourd’hui sont simplement de passage dans le Graffiti… Beaucoup d’entre eux ne se documentent pas assez sur ce qui s’est passé avant. Il y en a qui le font, il y en a qui ne le font pas… Avoir une culture Hip Hop Graffiti, je trouve ça plutôt logique, pourtant c’est ce qui manque aujourd’hui.

Maintenant, il y aussi beaucoup d’événements de Graffiti, il y a des commandes qui se font de la part des institutions, des entreprises… Est-ce que tu penses que l’on reprend le Graffiti pour s’en servir différemment ? `

On reprend le graffiti pour s’en servir différemment mais à partir du moment où tu essaies d’en vivre, il est louable que tu sois payé pour le travail que tu fais.

Je te donne un exemple… Récemment, j’ai vu mes visuels dans un jeu qui est vendu sur PlayStation. Là, ils ont utilisé mon image, ils ont pioché dans mes informations sur le web pour les incruster au jeu. Je ne comprends pas que l’on puisse récupérer des visuels comme ça, sans demander d’autorisation ! Récupérer le Graffiti de cette façon, je trouve ça vraiment dommage.

Que penses-tu du Meeting Of Styles ?

Je trouve que l’ambiance est très bonne ! C’est très propre, ça n’a rien à voir avec ce qu’il se passe sur Paris. En fait, je n’aime pas la mentalité qui règne autour de Paris. Je trouve que l’on peint mieux en province et ce qui s’y passe représente plus le Hip Hop comme je l’entends. Un MOS à Paris n’aurait pas la même saveur qu’à Perpignan ! Les gens, la mentalité, les groupes qui viennent, les rivalités… Ici, on ne parle pas de tout ça. A Perpignan, l’ambiance est très Hip Hop ! Cela me rappelle aussi ce que j’ai vécu en Allemagne, lors d’une Jam.

Pour moi, le MOS ça permet aussi de faire davantage de connections avec des graffeurs venus de tout l’Europe et même du monde entier.

Avant de terminer, je suis sûre que tu as des anecdotes assez incroyables sur ton vécu dans le Hip Hop… Tu peux nous en raconter une ?  

Rires
Des anecdotes, il y en a tellement…
J’avais entendu parler d’un lieu où l’on pouvait aller voler des bombes pas très loin de chez moi, dans une usine qui en fabriquait… Comme on était un peu jeune, on ne calculait pas et on y allait pratiquement toujours au même moment, les mêmes jours, les mêmes heures… Donc on s’est fait pister par la police et un jour on s’est fait courser ! Je me rappelle avoir un sac rempli de sprays, on courrait sur la voie ferrée, les flics nous courraient après. Des bombes de peinture sont tombées et il y en a une qui a explosé… Je me suis retourné et l’image que j’ai eu, c’était la bombe qui tournait dans tous les sens et le flic qui court dedans et se prend le jet de chrome dans la tronche ! On a eu peur mais qu’est ce qu’on a rit ! On n’a pas arrêté de courir. C’était pas mal, on a bien rigolé. Et on a eu bien peur aussi. Voilà pour la petite anecdote.

Bonus, réalisé par DESY :

>> Plus d’infos sur : http://m.flickr.com/#/photos/desi1988/

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 « Que l’on soit une nana ou un mec, dans le Graffiti,
il faut faire ses preuves, montrer ce que l’on a dans le ventre…
Pour moi, il n’y a aucune différence. » 

Missy

Le MOS France 2012 !

Cette année, Hip Open est partenaire du Meeting Of Styles France.


L’étape française de ce festival international de Graffiti a lieu à la Casa Musicale, à Perpignan. L’événement se passe ce week-end (21 et 22 juillet). Graffiti de jour ? Graffiti de nuit ? Le public présent pourra profiter des deux grâce aux horaires étendues : de 18h à 4h le samedi et 12h à 0h le dimanche.

CelloGraff réalisé par Astro et Kanos à Perpignan pour annoncer le Meeting Of Styles

L’association U.I.S.C vous a concocté un programme autour de la street culture (graff, deejaying, rap, danse, roller, skate, BMX).

Plus de 50 graffeurs français et internationaux  seront présents spécialement pour l’occasion. Avec 1200 m2 de surface sur des murs qui vont de 2 à 5 mètres, ça vaut le détour ! Sans compter la free zone qui donnera la possibilité à d’autres graffeurs de laisser une trace de leur art, bien que très éphémère.

Des sessions de rap en freestyle sont également prévues, en présence de MC’s de la nouvelle génération : Deen Burbigo et Eff Gee (L’Entourage), Esso (Cool Connexion), Bunk et Jiddy Vybz (Set & Match), Kenyon, Fleyo, Némir, Hassan, Carlito, Gros Mo, en plus d’un invité surprise…
Durant le festival, il y aura aussi du breakdance sous forme de cercle ouvert à tous les danseurs. Nous pouvons déjà annoncé la venue de B.Girl Marion (vice championne du monde du Battle Of The Year 2011, en duo, et championne du BOTY France 2011 et 2012). L’ambiance du Meeting Of Styles France 2012 sera rythmée par les deejays du label Blackelk (Everydayz, UM, Gram, Freakshow).

Le MOS France se veut être une rencontre autour des disciplines de la culture Hip Hop, en invitant des artistes renommés. Pour le public, l’entrée est gratuite.

Donc rendez-vous dès samedi, à partir de 18h à la Casa !

> Pour plus d’infos : http://www.meetingofstylesfrance.com/

RENSONE

A l’occasion du Meeting Of Styles France 2011, Hip Open en direct de Perpignan, a rencontré Rensone, un Graffeur de Strasbourg.

Qu’est-ce que cela représente pour toi de participer à ce festival international de Graffiti?

Je peins depuis une dizaine d’années mais je restais spectateur des événements que l’on voyait dans les magazines, comme le Meeting Of Styles, cela me paraissait inaccessible. Pour moi, c’était une fin en soi…une espèce de reconnaissance de se faire inviter à ce genre d’événement.

Il y a encore deux ans je ne peignais qu’à Strasbourg. Puis je suis allé un peu à Paris j’ai rencontré Astro, les ODV… Ils m’ont complimenté sur mon taf, on a peint ensemble et ils m’ont invité au M.O.S. Pour moi, c’est un honneur. Depuis un petit moment, je commence à être invité à des rencontres de Graffiti. Mais c’est le premier Meeting Of Styles auquel je participe.

Comment définirais-tu le style de tes œuvres ?

Mon travail a beaucoup évolué depuis les 5 dernières années. Aujourd’hui, mon style est un compromis entre les deux grosses composantes du Graffiti : les personnages et les lettres. Certains Graffeurs font du perso et du lettrage mais de manière dissociée. En ce qui me concerne, je cherche à les réunir, faire un pont entre les deux, donc je fais des personnages remplis de lettres.

D’où vient ton inspiration ?

Au niveau du graffiti, mes références sont Reso (ndlr : également présent au M.O.S) pour moi, c’est la plus grosse pointure française du Graff, je pense aussi au crew DMV qui fait un taf mortel, ils ont 10 piges d’avance sur tout le monde !

Mon inspiration est souvent liée à mes centres d’intérêt du moment… A une période où je me renseignais sur l’Histoire de l’Egypte, j’ai réalisé des œuvres sur les momies. Dernièrement, j’ai fait une série sur les Fables de la Fontaine… Avec ma copine Missy qui fait de l’illustration, on a fait une fresque en reprenant l’histoire du Corbeau et du renard. L’idée est qu’il devait pleuvoir au moment de cette histoire alors elle n’aurait pu avoir lieu, d’où le personnage qui accroche des bacs aux nuages. Il retient l’eau pour que l’histoire puisse bien avoir lieu. Cette fresque se lit de gauche à droite et s’appelle « La véritable histoire du corbeau et du renard ».

Quel message revendiques-tu au travers de tes œuvres ?

Chaque peinture détient un message particulier en filigrane, même si peu de gens le verront, moi je sais qu’il est présent et je saurais le décrire aux gens qui s’y intéressent. L’image du Graffiti dans la société est un de mes thèmes qui revient souvent.

En ce moment, ma ligne directrice est ce personnage un peu massif, avec son marcel. Je décline des situations dans lesquelles je le mets en scène, ce qui me permet de raconter des petites histoires dans chaque fresque.

Venons en à ton évolution…maintenant tu exposes, on fait appel à toi pour des commandes… Certains qualifient ce passage de la rue au « business » comme « vendre son âme au diable ». Que réponds-tu à ça ?

Très bonne question ! Le Graffiti, quand il a commencé, il n’y avait pas de règles… Le but c’était de voir notre nom partout donc on le mettait partout. On peignait des trains, des murs, des ponts d’autoroutes… On peignait partout ! Et aujourd’hui les puristes, c’est-à-dire les gens qui cherchaient à mettre leur nom partout, vont dire : « Ah ouais mais non, dans les galeries, il ne faut pas le mettre ! ».  Pour moi, ce n’est pas logique… Si l’on veut perpétuer l’idée du Graffiti qui est de tartiner et imposer aux gens, qui le veulent ou non, notre façon de voir le monde, notre façon de dessiner, notre façon de travailler… Hé bien on se doit d’être complet. Etre complet, c’est aussi aller dans les galeries. Ma façon de garder la tête froide là dessus, c’est de jouer sur les deux tableaux : ce n’est pas parce que je vends mes productions en galerie que je ne vais pas aller peindre dans un squat, avec des potes sur des murs que personne ne verra jamais, à part le S.D.F du coin. J’assume les deux ! Complètement.

Ne penses-tu pas que la valeur marchande dénature l’art et pousse certains artistes à faire des œuvres vides de sens ?

C’est vrai dans la plupart des domaines artistiques, dans le Graffiti, on n’y échappe pas. Certes, il y a toujours la dimension créative, underground, en marge…mais il y a la partie commerciale… En ce qui me concerne, je vends lorsque j’ai besoin de financer des projets. Par exemple, en octobre, je pars en Palestine, donc pour ça j’ai fait des plans légaux. Sans pour autant retomber dans des travers commerciaux que j’ai pu connaître au début… Maintenant que je gagne mieux ma vie, je fais précisément ce que j’ai envie de faire, après si ça ne plaît pas, le tableau il reste chez moi, je ne le vends pas, c’est tout. Le fait de garder mon boulot à côté (ndlr : chercheur dans le domaine de la chimie), j’ai moins de temps pour peindre, mais je suis complètement libre quand je peins ! Par contre, ce que je cautionne pas, ce sont les artistes qui vivent correctement et qui font de la merde pour gagner encore plus.

A ce propos, que penses-tu du film de Banksy « Faîtes le mur » ?

Banksy a montré l’aspect purement commercial, les dérives du Street Art et c’est l’un des premiers…comme toujours ! Et là, il a été le premier a le coucher sur pellicule. Il montre aussi que l’on peut tomber assez facilement dans ces travers et dans le délire artistique. L’un des messages que je retiens c’est que certains ne font pas de la qualité mais savent bien se vendre donc il a montré que l’on pouvait arriver à ce genre de niveau, aussi dans les galeries.

Aussi, ce qui est intéressant dans ce film c’est qu’il a voulu en dire un peu sur lui, mais pas trop… Même s’il relate la vie de Banksy au passage, je le prends comme un pied de nez. Tous les gens attendaient le film sur Banksy pour découvrir de nouvelles pièces, des nouveaux délires et non… Il met en scène un autre personnage donc un pied de nez de plus, c’est ça qui était sympa avec ce film !

Que dirais-tu à ceux qui dénigrent l’art du Graffiti, ceux qui ne considèrent pas le Graffiti comme un art ?

Perso, je ne leur en veux pas. Les Graffeurs sont des gens qui prennent la liberté d’écrire sur un mur, qui ne leur appartient pas donc si tu n’es pas dans le milieu, que tu comprends pas les codes, que tu ne prends pas la peine de fouiller un peu… Forcément tu n’as pas la même approche donc je peux comprendre que ces personnes le vivent comme une attaque et le voient comme une dégradation.

Tu les laisses penser ça sans essayer de les faire changer d’avis ?

J’essaie de les faire changer d’avis si je sens qu’il y a un espoir… Quand tu as une idée préconçue sur quelque chose, tu ne veux surtout pas t’apercevoir que tu as tort. Donc tu te contentes de tes arguments sans aller chercher à comprendre davantage. On est tous comme ça, selon les domaines. Mais si des gens sont désireux de comprendre je serais là pour parler avec eux, expliquer ce que je fais,  montrer des photos, etc.

Nous ne sommes pas tous des bandits (rires)…au contraire d’ailleurs ! A mon avis, les gens imaginent les Graffeurs comme des mecs de 15 piges qui se cherchent… En regardant bien, la plupart en ont 25, ils bossent tous, certains ont des enfants. Ce sont des gens responsables !

Avant de terminer… Quel est ton attachement à la culture Hip Hop ?

Je suis dedans à fond ! Avant tout par la danse (ndlr : il a pratiqué le Breakdance pendant 10 ans), où j’ai pu découvrir la véritable énergie positive du Hip Hop, avec les aspects de challenge et de défi… C’est un moteur pour la vie en général !

Mot de la fin…libre à toi de t’exprimer !

Je suis vraiment content qu’un événement comme le M.O.S puisse exister ! On peint dans de très bonnes conditions. On a même des échafaudages. Les murs sont mortels. C’est un sacré pas en avant ! Et il y a même des sponsors qui prêtent leur image, donc tant mieux, on avance, c’est ça qu’il faut retenir.

Au M.O.S, on s’engage à construire quelque chose ensemble, on respecte le travail de l’autre, il y a une synergie qui se crée. Pourtant, il n’y a rien de plus difficile que de travailler à plusieurs artistes. Mais ici, c’est le but, bosser ensemble et repartir avec des belles photos !

D’la bombe à Perpignan !

Un fond musical Hip Hop, un soleil de plomb, des couleurs à foison, des artistes débordant de talents…c’était Meeting Of Styles ! Le M.O.S France 2011, pour la deuxième édition, a eu lieu à Perpignan, les 24, 25 et 26 juin dernier, sous les yeux émerveillés d’experts, de curieux, de passionnés…

L’art dans toute sa splendeur

Dans un esprit d’échange, ce festival international de Graffiti a réunit 50 writers français et étrangers de renom. Le temps d’un week-end, ils se sont appropriés les lieux de la Casa Musicale sur une surface de 800m2 prévue à cet effet. Ce site classé historique offrait un contexte inouï, associant un lieu symbolique du patrimoine à de l’art de rue. Une rencontre, sans challenge ni compétition, uniquement basée autour de la même passion artistique…le Graffiti !

Entre personnages et lettrages, les murs se sont remplis d’expression et de significations grâce à un travail de qualité, de précision. Une performance qui a donné vie à l’ensemble du site. Tous styles, influences et techniques confondus, ces graffeurs nous ont fait partager la richesse de leur univers artistique.

Un événement Hip Hop

Pour s’ouvrir aux autres disciplines du Hip Hop, les soirées ont été animées par des DJ’s, dont Stresh (Ali, Youssoupha) et Duke (Assassin). Du rap aussi, avec la scène Open-Mic ouverte à tous.

Ce fut une réelle volonté de la part de l’organisation, l’association U.I.S.C (Union Internationale de la Street Culture) de créer le Meeting Of Styles France et d’en faire un événement incontournable du Hip Hop. Sans pour autant nous révéler ses projets, Florent, organisateur du MOS France nous laisse entendre que l’année prochaine l’événement sera reconduit… Apparemment, il s’annonce encore plus fort !

En attendant, résultat du MOS France 2011 : un public réceptif qui en a pris plein les yeux… Un niveau impressionnant… Un plaisir unanime des writers invités… Une association à l’assaut de l’énergie artistique provoquée par le Graffiti… Une multitude de couleurs, de sourires et de la bonne humeur !


– Les graffeurs présents –

France :
Apash, Asem, Astro, Astus2, Bims, Cheatz, Duza, Esty, Flow, Hems, Hope, Jok, Just, Kanos, Kiser, Morn, Mutha, Nesk, Obite, Olson, Pablo, Rensone, Reso, Rev, Rude, Serin, Seth2, Shane, Skule, Skuz, Superpaum, Takt, Team, Wens.

International :

 Cisco (Espagne), Cren (Allemagne), Dase (Espagne), Demon (USA), DGONZ (USA), Duzer (USA), Dytch (USA), Jim (UK), Malakkai (Espagne), Persue (USA), Poesia (USA), Putos (USA).

>>http://www.meetingofstylesfrance.com/

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Meeting Of Styles : le rendez-vous des graffeurs !