Ron Brice, du flow et des textes

Vous connaissiez déjà Hassan le Fronçais et sa clique de Perpizoo. Hip Open vous avait aussi présenté Fleyo et Keurspi, actifs dans le rap bordelais. Mais on ne vous avait pas encore parlé de Ron Brice, ce parisien venu compléter l’affiche du Hip Open Event #1, jeudi 5 avril. Une belle occasion de rencontrer ce MC atypique, accompagné de Stresh, son deejay. 17h30, les balances s’achèvent… Micro à peine posé, platines encore chaudes, le duo file au débat du Hip Open Event #1 sur le rap et les médias, puis revient vers nous pour une interview décontractée, à l’écart d’une salle commençant à s’animer.


Pour commencer Ron, revenons sur ton parcours et ta rencontre avec DJ Stresh… Comment ça s’est passé ?

Ron Brice : On a débuté chacun de notre côté, il y a une quinzaine d’années. J’ai commencé le rap en 1996, avec mes grands frères. J’ai tourné dans des collectifs et fais pas mal de concerts. Ensuite, j’ai côtoyé Poison qui était proche de Ménage à 3, à qui était affilié Youssoupha. On fréquentait les mêmes studios et Stresh bossait aussi avec Youssoupha sur ses tournées. On a fait quelques dates ensemble. Et nous avions les mêmes influences, d’où la naissance de notre collaboration en 2006. A l’époque, Stresh bossait dans un magasin de vinyles sur Paris, et moi je vendais des disques dans la rue. Il me faisait écouter ses prods, et j’ai alors enregistré quelques trucs avec lui. Et dès 2007, on s’est mis à travailler sur l’album Reality Rap. Il a produit le morceau Bête noire et d’autres titres sur la mixtape Reality Tape. C’est mon associé sur la tournée et au sein de 16 Barz !



16 Barz
, c’est une asso ou un label ?

Ron Brice : C’est un label sous forme d’association. Nous sommes deux pour le moment. Je rappe et Stresh est deejay, producteur, backeur…(rires) Enfin il a plusieurs casquettes. On souhaite aussi travailler avec d’autres personnes de notre entourage, pour agrandir la famille et être plus vif sur le circuit. Pour le moment, on se concentre sur la sortie de l’album qui devrait arriver fin mai, début juin. Les morceaux sont faits mais on a encore deux clips à balancer avant. En attendant, la Reality Tape, mixtape de mes morceaux de 2005 à 2010 vient de sortir.

D’où l’abondance de titres sur cette tape ?

Ron Brice : En fait en 2005, je bossais plus avec les Soul Children, qui travaillaient aussi avec Flynt, Youssoupha, qu’avec Stresh. On avait fait un album qui n’est jamais sorti. Donc dans cette mixtape, mixée par Stresh, j’ai récupéré certains morceaux réalisés avec eux qui n’étaient pas connus… Parce que concrètement je me suis fait connaître en diffusant quelques morceaux sur le net. Nous, nous sommes de la génération où l’on rappait bien avant Internet, Myspace ou Facebook… Mais on s’est fait connaître par des clips qui ont tourné sur le web.

Tes clips justement, sont tous réalisés par Tcho/Antidote. Peux-tu nous parler de cette collaboration ?

Ron Brice : C’est une longue histoire faîte de connaissances en commun liées au graffiti, à la photographie, à la réalisation de clips… Stresh bossait avec Géraldo, qui lui, côtoyait Tcho et aidait un de mes potes à vendre des disques dans la rue. On se connaissait tous. Et un jour un mec a fait écouter un de mes sons à Tcho…

DJ Stresh : Au niveau du positionnement musical, cela correspond hyper bien à ce qu’il met en image. Sa vision de la musique s’adapte bien. Ce n’est pas calculé, leurs univers respectifs collent tellement bien que lorsque l’on ressert l’étau, c’est ce qu’il y a de plus cohérent.

Ron Brice : Après on clippe davantage parce qu’on a plus de visibilité. Avant, où pouvait-on les mettre nos clips ? Maintenant, la confrontation au public est directe et la rotation se fait d’elle-même, il n’est plus nécessaire de passer à la télé. Mais on mise plus sur la musique qu’on diffuse. On se dit qu’on a une particularité dans notre façon de faire, nos instrus, nos références… Des références très New Yorkaises, très outre atlantique dans la manière de faire la musique, d’utiliser les samples, dans les placements, ma manière de rapper…  Après cela ne fait pas tout, il faut aussi amener l’image qui va avec. Mais ça fait plaisir de voir que beaucoup s’identifient encore à ça, et accrochent toujours à ce style de musique.


Pourquoi ces influences New Yorkaises justement ?

Ron Brice : J’ai toujours écouté du rap français et du rap américain. Mais étant jeune, tu comprends plus le rap français. Le rap américain, c’est ce qui te fait bouger mais tu ne comprends pas vraiment les paroles, ni là où ils veulent en venir. Et quand à l’époque sur Paris il y a eu les 12’inch Allstar, des genres de concours, moi j’étais très poussé dans l’écriture, mais au niveau de la forme ce n’était pas ça. Là, j’ai réalisé que d’autres comme Wayman avaient déjà assimilé de faire du rap américain en français, avec des flows qui ont de la musicalité… En France, on était et on est toujours aujourd’hui centré sur les paroles. On donne plus d’importance au texte, à la bonne écriture, qu’à la musique en elle-même et à la manière de rapper. Moi j’ai vraiment pris mes influences sur l’école New Yorkaise donc j’ai trouvé important de réunir les deux, le fond et la forme.

Tu parles donc d’un manque français au niveau du flow ? 

Ron Brice : Les gens de l’ancienne école ont vraiment assimilé ce côté écriture mais délaissé le flow. La nouvelle vague elle, a percuté et est dans le truc spectaculaire, en donnant beaucoup d’importance au flow. Mais au niveau du charisme, du contenu, il y a un manque. Il faut avoir vraiment vu les deux pour donner de la consistance au truc. C’est de la culture après, une école. J’ai kické des trucs très différents, de Big L à Oxmo. Au niveau des paroles, je sais donc être profond. Mais je sais aussi être davantage sur le flow, parlant de choses plus légères et plus marrantes. Il faut vraiment allier les deux. J’essaye de bosser pour réunir cette culture française du texte, être touchant, et le dynamisme du flow.

DJ Stresh : C’est propre à notre génération. On fait parti de ceux qui ont grandi avec le rap américain. Et le rap français commençait vraiment à avoir ses têtes et ses acteurs principaux qui ont marqué leurs époques. Nous on écoutait Time Bomb, La Cliqua, qui eux à l’époque étaient déjà inspirés des flows américains, et qui poussaient l’écriture dans un autre sens en faisant l’alliage des deux. Comme on a grandit avec ça, ça nous a forgé notre intérêt. C’est ce qui fait que des mecs comme Hassan, Ron Brice ou Nemir et plein de MC’s de cette génération ont pris cette direction là. Pas seulement des textes, mais une jolie musique à écouter. Parce que si tu veux du texte pour du texte, tu lis un livre, t’écoutes pas un disque !

Ron Brice : Sachant que les sujets du rap maintenant sont connus. Tout est fait. Alors si rien n’est amené au niveau de la forme et donc du flow, de la manière d’amener le texte, cela ne sert à rien.

Votre collaboration semble couler de source au final ?

Ron Brice : On écoute tellement la même chose, les mêmes styles de sons… La plupart du temps, il m’envoie une prod et c’est la bonne. Alors que certains beatmakers m’en envoient 7 ou 8. Avec lui c’est souvent direct, on est bien en phase.

DJ Stresh : J’ai travaillé avec Youssoupha, avec Ali, mais c’est vraiment le MC avec lequel j’ai le plus de facilités. Je sais ce qu’il va faire. Je n’ai même pas besoin d’être là quand il va enregistrer, je sais ce qu’il va faire. Cela ne se passe pas toujours comme ça. Il y a des gens avec qui on a besoin de savoir dans quel univers ils évoluent, ce qu’ils aiment vraiment, il y a plus d’allers retours. Là ça s’enchaîne facilement, je lui passe les sons au fur et à mesure et ça se monte doucement.


Un duo de choc pour une performance détonante. Ron Brice, c’est du flow et des textes remarquables et une touche singulière à laquelle on adhère ! Et si le Hip Open Event #1 nous a régalé, c’est aussi parce que ces deux là ont assuré !


>> Pour plus d’infos, retrouvez Ron Brice et DJ Stresh sur Youtube, Facebook et Twitter.

>> Pour télécharger la Reality Tape, cliquez ici.

Ludovic Lacroix

BERTHET ONE

Rencontre de Berthet One, auteur et dessinateur de B.D, lors du festival Hip Hop Addict à Perpignan…

 

 

 

ÉKOUÉ (La Rumeur)

Ekoué, présent lors de la projection de De l’encre, dans le cadre du festival Hip Hop Addict, organisé par la Casa Musicale à Perpignan, explique ses choix à la fin du film, avant de nous accorder une interview…

« Ce film est un hommage au rap féminin. Nejma n’est pas une actrice mais une rappeuse. De toute façon, on retrouve un peu de vécu dans chacun des personnages. (…) Ce film, c’est aussi la rencontre entre le milieu amateur et professionnel. »

De l’encre en chiffres…

2 auteurs, réalisateurs : Hamé et Ekoué (La Rumeur), 1 an d’écriture, 18 jours de réalisation, 1 grosse pression… C’est aussi 2 récompenses, le prix du « meilleur long métrage francophone » et le « prix du public », décernées dans le cadre du Festival International du Film de Genève. 18, pour l’arrondissement de Paris, dans lequel le film a été tourné, notamment Porte de la chapelle, qu’Ekoué qualifie « du lieu de la naissance du Hip Hop à Paris ». Un film vu par 1 million de personnes et racheté par TV5 Monde.

« On ne fait pas du rap conscient mais plutôt du rap authentique ».

La Rumeur revendique le côté puriste et originel du Hip Hop, fortement lié au milieu underground du rap. Hamé et Ekoué expriment haut et fort leurs visions sur l’industrie de la musique, sur la politique, etc. Ils sont cash, et n’hésitent pas à dénoncer des pratiques et leurs auteurs, notamment Abd Al Malik ou encore Laurent Bouneau (directeur des programmes de la radio Skyrock), auquel ils reprochent  « de mettre le rap sur le trottoir », et s’exaspèrent de voir Pierre Bellanger, à la tête de Skyrock : « Ce mec a quand même été mêlé à des histoires de pédophilie ! Je vous invite fortement à vous renseigner sur cette affaire… ».

Hip Open l’a fait…

Entretien avec Ekoué

H.O : Pourquoi le passage du rap au  cinéma ?

Ekoué : Le cinéma, c’est le frère jumeau de la musique… Généralement quand tu produis un disque tu l’accompagnes de clips, donc d’images. Mais il est évident que pour le parcours de La Rumeur, pour que l’on nous prenne au sérieux, pouvoir investir ce terrain avec soin est important. Cela permet d’élargir notre champ artistique et de s’essayer à d’autres univers. C’est complémentaire… L’approche est différente mais le fond et la nature de nos propos restent inchangés quelque soit le support. On a écrit le film comme on conçoit un album, c’est-à-dire avec une cohérence, en s’inspirant d’une réalité que l’on peut décrire. Tout rappelle notre quotidien, que ce soit au niveau du grain, des couleurs, de la chaleur… Le côté proximité, par les plans serrés, montre cette approche en phase avec la vie, avec le quotidien. Après, un film appelle à plus de compétences mais au niveau de la conception, c’est tenir une histoire et raconter quelque chose, produire un discours. C’est aussi faire partager une tranche de vie en 1h30, et c’est ce que l’on s’efforce à faire sur un album.

Dans le rap de Nejma, on retrouve également la touche « La Rumeur », c’est pour le film ou c’est propre à elle ?

Pour la cohérence des dialogues, nous avons écrit ses textes, bien qu’elle soit une rappeuse confirmée (ndlr : plus connu sous le nom de La Gale).


Pourquoi avoir choisi ce thème ? Et comment perçois-tu le ghostwriting dans le rap ?

Le thème est venu spontanément. Pour un premier film, nous souhaitions rendre hommage au milieu qui nous a vu naître, en l’occurrence le milieu hip hop et le 18ème.  En ce qui concerne le ghostwriting, eh bien… L’essence du rap, c’est d’écrire ce que tu veux, mais de parler de ce que tu connais ! Mais le ghostwriting est une pratique qui existe. Heureusement, elle n’est pas très répandue en France, contrairement aux Etats-Unis où elle est beaucoup plus acceptée. Les rappeurs se refilent les textes entre eux et ce n’est pas du tout un tabou. Mais quelqu’un qui est issu de l’underground, qui est face à une réalité qu’il a envie de raconter, je pense que son premier réflexe c’est de parler seul et en son nom, et pas forcément d’être dans l’interprétariat.

Venons-en à la relax après ce procès de 8 ans, suite à la plainte du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy… Que penses-tu de tout ça maintenant ?

Cette plainte fait référence à un texte qui dénonce les bavures policières. Il faut savoir que nous sommes allés jusqu’en cassation, ce qui est extrêmement rare pour ce genre d’affaires. Nous avons dû payer 70 000 € de frais de procès… Actuellement, nous préparons un nouveau documentaire qui retrace les longues années du procès de La Rumeur face à Sarkozy. De nombreuses interviews ont été réalisées pour apporter des réponses sur l’affaire… La Rumeur doit faire face à du lobbying, des coups de pression mais le Hip Hop c’est prendre des risques donc je ne fermerai pas ma gueule pour autant. D’autres groupes se font attaquer en justice, se font censurer, c’est un phénomène qui se produit de plus en plus… C’est comme ce qui est arrivé au petit groupe de jeunes, la Sexion d’Assaut, je trouve ça assez scandaleux la façon dont les médias se sont déchaînés sur eux et les ont empêchés de faire leur musique. Le rap, c’est comme dans la vie, des fois tu dis des choses pertinentes, des fois tu peux dire des conneries mais ça ne justifie pas le fait de les mettre à poil sur la place publique et de les déglinguer à coup d’associations et tout… J’ai trouvé, le procès qui leur était intenté, disproportionné, dégueulasse et ça m’a bien énervé, c’est complètement scandaleux !

Tu disais tout à l’heure que les ateliers d’écriture sont ta plus grande fierté donc quels conseils donnes-tu aux jeunes qui se lancent dans le rap ?

Moi, les conseils que je peux leur apporter… S’ils sont à l’école, c’est d’y rester parce que contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, je pense que la réussite elle est dans les deux : la démonstration d’une pratique artistique cohérente et l’acquisition d’un savoir institutionnel. Au bout d’un moment, quand tu es confronté à une réalité où l’argent t’arrive d’un coup, tu auras toujours besoin, soit d’une issue de secours, soit des réflexes pour anticiper et mieux transformer tes options. Donc c’est vraiment le seul conseil que j’ai à leur donner. Après ceux qui ont un travail ou qui font autre chose, c’est bien mais faire du rap de façon stricte et unique sans aucun bagage derrière, c’est suicidaire. 100% des rappeurs que je connais, qui ont connu le succès et qui ont fait ce choix là, aujourd’hui, ils n’existent plus et sont dans des situations de très grosse précarité. Prenez votre temps pour faire le taf !

Depuis l’époque du Poison d’avril, il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées… Est-ce tu aurais pensé écrire et réaliser un film ?

On a formé La Rumeur en 1996 et avec Hamé, on s’est toujours dit que l’objectif serait de faire un film. On savait que ça allait être long, en tout cas, nous voulions déjà mettre un pied dans ce métier. De toute façon,  La Rumeur, c’est une démarche qui s’inscrit dans le temps, c’est un crescendo, ça vient petit à petit… J’aurais voulu avoir des exemples de la Old School… Je suis bien content de voir ce qui arrive à Joey Starr, parce qu’il cartonne dans le cinéma.  A part NTM, franchement les autres de ma génération… Tu vois des mecs comme I AM par exemple, ils ne m’intéressent pas, je ne les regarde pas comme des grands frères… Je veux que les jeunes qui arrivent soient conscients de la réalité. Qu’ils puissent se dire que La Rumeur a réussi à produire un nouveau modèle économique. Parce que la réalité c’est ça, pour sortir du ghetto, il ne suffit pas de parler,  ni de faire les militants, c’est-à-dire écrire des textes sur Malcom X ou autre… Mais plutôt démonter ta capacité à faire de l’argent et en faire beaucoup. Je ne suis pas Besancenot, bien que je sois sensible à un discours qui mette en avant les classes laborieuses et populaires mais je suis aussi dans une idéologie de survie, de combat et de réappropriation économique avant tout, en corrélation avec un discours politique, avec un discours social, avec un discours de fond. C’est dur, c’est difficile à faire parce que ce ne sont pas forcément les voies pavées de roses qui te permettent de toucher le succès… Le succès c’est la légèreté, la futilité par définition. Et quand, justement tu arrives à créer une interaction entre les deux avec du temps et à produire, c’est forcément plus solide, puis ça s’inscrit dans le long terme… Tu crées des exemples. Je suis allé aux Etats-Unis… J’ai vu que les noirs américains ont compris une chose : il faut faire naître des vocations. J’ai rencontré des hommes d’affaires, notamment un à Atlanta, un multimillionnaire qui rachetait des buildings… Tu descendais au sixième sous-sol, et là il y avait un parterre de 30 mètres de long avec plein d’ordinateurs et avec que des petits mecs du ghetto devant les écrans. Ils étaient là pour  passer les concours des plus grandes universités américaines. Il me montrait, lui, il va à Berkeley, lui, il va à Harvard… En France, on nous parle de la diversité, etc. Non, il faut créer des exemples à partir de ce que l’on est, à partir de notre histoire ! Moi je ne suis pas un mec qui gueule dans un micro… Non, il faut apporter la preuve de la réussite par le profit aussi. Malheureusement, nous sommes dans une économie de marché, nous sommes dans un système libéral, j’invite donc les jeunes à faire des études, évidemment, mais dans le but de faire de l’argent. S’ils n’en font pas en France, qu’ils aillent travailler à l’étranger, dans les pays où ils seront valorisés.

Nous sommes dans un système où il faut faire de l’argent mais est-ce vraiment la seule solution ?

Non j’dis pas que c’est la seule… Quand je vois le mec, auquel je faisais allusion, ce multimillionnaire, avec sa force économique,  ce qu’il arrive à créer à destination des gens les plus précaires, je me dis « oui » c’est à ça que doit servir l’argent ! Ce n’est pas de l’argent pour rouler en Lamborghini et pour porter des Rolex, ça j’veux dire, tu fais ce que tu veux mais moi personnellement je m’en fou. Après je ne dis pas que ce n’est pas une finalité en soi, c’est à chacun de voir… Maintenant je suis une personnalité publique, ma démarche est écoutée et j’ai besoin de créer et de faire naître des vocations et d’incarner un certain exemple de ce point de vue là… En montrant que l’on peut réussir en faisant de l’argent avec un discours cohérent.

>> Article de présentation de De l’encre par Hip Open

>> Plus d’infos surhttp://www.la-rumeur.com/

« THE CHEF » à Bordeaux !

Raekwon, alias The Chef, au sein du Wu Tang Clan, était présent à Eysines (une petite ville proche de Bordeaux), le 31 octobre dernier pour un concert.

Rappelons que le Wu Tang Clan, groupe incontournable du Rap américain, est né dans les années 90 à New York. Les 9 membres fondateurs du Wu sont RZA, GZA, Method Man, Ol’Dirty Bastard (décédé en 2004), Raekwon, Ghostface Killah, Masta Killah, Inspectah Deck et U-God.

Raekwon, qui détient une discographie impressionnante, a effectué une tournée en France, pour la promotion de son album, Wu Tang VS Shaolin, sorti en mars 2011.


A Eysines, le concert a été organisé par Noir Prod. L’idée dominante de cette structure est de « défendre son amour de la musique intelligente, atypique et variée ». Même si elle est davantage orientée vers un univers Rock, le choix de la programmation d’un artiste tel que Raekwon s’explique : « Il fait partie de ceux qui ont écrit l’Histoire, impulsé des valeurs, et créé de nouvelles formes musicales. Raekwon correspond au genre d’artistes que nous défendons parce qu’ils font volontairement évoluer l’art. » Emmanuel, responsable de Noir Prod.

Et l’avis du public ?

« Un bon concert : Sam’s, l’Artilleur et Lord Afro ont très bien géré la première partie ! Raekwon est resté une heure sur scène, c’est léger pour un monstre du Hip Hop comme lui… Mais il a bien fait les choses, j’ai apprécié les classiques du WU et l’hommage à ODB ! Dommage pour les amateurs de Hip Hop qui ne se sont pas déplacés car ça en valait la peine… J’ai passé un très bon moment musical ! » Sora

« C’était sympa, Raekwon est un grand nom dans le milieu Hip Hop, ça fait plaisir de le voir ! » Rimkouz

« Quand j’ai appris que Raekwon passait ici, ça a été une excellente surprise. Jamais je n’aurais laissé passer cette occasion d’assister au concert du Chef du Wu Tang. Un bon moment Hip Hop, avec DJ Symphony qui a assuré aux platines ! Et une première partie réussie avec Sam’s et DJ Steady, sans oublier le passage de Youssoupha… » Une passionnée


« Bonne prestation de Raekwon ! Le show était bien ficelé mais trop court…vraiment trop court ! Et je m’attendais à plus de monde dans la salle, surtout pour un MC de ce calibre ! »  Un amateur de Hip Hop

 

Vous vous attendiez à une interview de Raekwon…nous aussi ! Mais lorsqu’il faut négocier avec du « cash », la donne change. La « money » est exclue de nos pratiques, c’est un principe de base du webzine Hip Open.

RENSONE

A l’occasion du Meeting Of Styles France 2011, Hip Open en direct de Perpignan, a rencontré Rensone, un Graffeur de Strasbourg.

Qu’est-ce que cela représente pour toi de participer à ce festival international de Graffiti?

Je peins depuis une dizaine d’années mais je restais spectateur des événements que l’on voyait dans les magazines, comme le Meeting Of Styles, cela me paraissait inaccessible. Pour moi, c’était une fin en soi…une espèce de reconnaissance de se faire inviter à ce genre d’événement.

Il y a encore deux ans je ne peignais qu’à Strasbourg. Puis je suis allé un peu à Paris j’ai rencontré Astro, les ODV… Ils m’ont complimenté sur mon taf, on a peint ensemble et ils m’ont invité au M.O.S. Pour moi, c’est un honneur. Depuis un petit moment, je commence à être invité à des rencontres de Graffiti. Mais c’est le premier Meeting Of Styles auquel je participe.

Comment définirais-tu le style de tes œuvres ?

Mon travail a beaucoup évolué depuis les 5 dernières années. Aujourd’hui, mon style est un compromis entre les deux grosses composantes du Graffiti : les personnages et les lettres. Certains Graffeurs font du perso et du lettrage mais de manière dissociée. En ce qui me concerne, je cherche à les réunir, faire un pont entre les deux, donc je fais des personnages remplis de lettres.

D’où vient ton inspiration ?

Au niveau du graffiti, mes références sont Reso (ndlr : également présent au M.O.S) pour moi, c’est la plus grosse pointure française du Graff, je pense aussi au crew DMV qui fait un taf mortel, ils ont 10 piges d’avance sur tout le monde !

Mon inspiration est souvent liée à mes centres d’intérêt du moment… A une période où je me renseignais sur l’Histoire de l’Egypte, j’ai réalisé des œuvres sur les momies. Dernièrement, j’ai fait une série sur les Fables de la Fontaine… Avec ma copine Missy qui fait de l’illustration, on a fait une fresque en reprenant l’histoire du Corbeau et du renard. L’idée est qu’il devait pleuvoir au moment de cette histoire alors elle n’aurait pu avoir lieu, d’où le personnage qui accroche des bacs aux nuages. Il retient l’eau pour que l’histoire puisse bien avoir lieu. Cette fresque se lit de gauche à droite et s’appelle « La véritable histoire du corbeau et du renard ».

Quel message revendiques-tu au travers de tes œuvres ?

Chaque peinture détient un message particulier en filigrane, même si peu de gens le verront, moi je sais qu’il est présent et je saurais le décrire aux gens qui s’y intéressent. L’image du Graffiti dans la société est un de mes thèmes qui revient souvent.

En ce moment, ma ligne directrice est ce personnage un peu massif, avec son marcel. Je décline des situations dans lesquelles je le mets en scène, ce qui me permet de raconter des petites histoires dans chaque fresque.

Venons en à ton évolution…maintenant tu exposes, on fait appel à toi pour des commandes… Certains qualifient ce passage de la rue au « business » comme « vendre son âme au diable ». Que réponds-tu à ça ?

Très bonne question ! Le Graffiti, quand il a commencé, il n’y avait pas de règles… Le but c’était de voir notre nom partout donc on le mettait partout. On peignait des trains, des murs, des ponts d’autoroutes… On peignait partout ! Et aujourd’hui les puristes, c’est-à-dire les gens qui cherchaient à mettre leur nom partout, vont dire : « Ah ouais mais non, dans les galeries, il ne faut pas le mettre ! ».  Pour moi, ce n’est pas logique… Si l’on veut perpétuer l’idée du Graffiti qui est de tartiner et imposer aux gens, qui le veulent ou non, notre façon de voir le monde, notre façon de dessiner, notre façon de travailler… Hé bien on se doit d’être complet. Etre complet, c’est aussi aller dans les galeries. Ma façon de garder la tête froide là dessus, c’est de jouer sur les deux tableaux : ce n’est pas parce que je vends mes productions en galerie que je ne vais pas aller peindre dans un squat, avec des potes sur des murs que personne ne verra jamais, à part le S.D.F du coin. J’assume les deux ! Complètement.

Ne penses-tu pas que la valeur marchande dénature l’art et pousse certains artistes à faire des œuvres vides de sens ?

C’est vrai dans la plupart des domaines artistiques, dans le Graffiti, on n’y échappe pas. Certes, il y a toujours la dimension créative, underground, en marge…mais il y a la partie commerciale… En ce qui me concerne, je vends lorsque j’ai besoin de financer des projets. Par exemple, en octobre, je pars en Palestine, donc pour ça j’ai fait des plans légaux. Sans pour autant retomber dans des travers commerciaux que j’ai pu connaître au début… Maintenant que je gagne mieux ma vie, je fais précisément ce que j’ai envie de faire, après si ça ne plaît pas, le tableau il reste chez moi, je ne le vends pas, c’est tout. Le fait de garder mon boulot à côté (ndlr : chercheur dans le domaine de la chimie), j’ai moins de temps pour peindre, mais je suis complètement libre quand je peins ! Par contre, ce que je cautionne pas, ce sont les artistes qui vivent correctement et qui font de la merde pour gagner encore plus.

A ce propos, que penses-tu du film de Banksy « Faîtes le mur » ?

Banksy a montré l’aspect purement commercial, les dérives du Street Art et c’est l’un des premiers…comme toujours ! Et là, il a été le premier a le coucher sur pellicule. Il montre aussi que l’on peut tomber assez facilement dans ces travers et dans le délire artistique. L’un des messages que je retiens c’est que certains ne font pas de la qualité mais savent bien se vendre donc il a montré que l’on pouvait arriver à ce genre de niveau, aussi dans les galeries.

Aussi, ce qui est intéressant dans ce film c’est qu’il a voulu en dire un peu sur lui, mais pas trop… Même s’il relate la vie de Banksy au passage, je le prends comme un pied de nez. Tous les gens attendaient le film sur Banksy pour découvrir de nouvelles pièces, des nouveaux délires et non… Il met en scène un autre personnage donc un pied de nez de plus, c’est ça qui était sympa avec ce film !

Que dirais-tu à ceux qui dénigrent l’art du Graffiti, ceux qui ne considèrent pas le Graffiti comme un art ?

Perso, je ne leur en veux pas. Les Graffeurs sont des gens qui prennent la liberté d’écrire sur un mur, qui ne leur appartient pas donc si tu n’es pas dans le milieu, que tu comprends pas les codes, que tu ne prends pas la peine de fouiller un peu… Forcément tu n’as pas la même approche donc je peux comprendre que ces personnes le vivent comme une attaque et le voient comme une dégradation.

Tu les laisses penser ça sans essayer de les faire changer d’avis ?

J’essaie de les faire changer d’avis si je sens qu’il y a un espoir… Quand tu as une idée préconçue sur quelque chose, tu ne veux surtout pas t’apercevoir que tu as tort. Donc tu te contentes de tes arguments sans aller chercher à comprendre davantage. On est tous comme ça, selon les domaines. Mais si des gens sont désireux de comprendre je serais là pour parler avec eux, expliquer ce que je fais,  montrer des photos, etc.

Nous ne sommes pas tous des bandits (rires)…au contraire d’ailleurs ! A mon avis, les gens imaginent les Graffeurs comme des mecs de 15 piges qui se cherchent… En regardant bien, la plupart en ont 25, ils bossent tous, certains ont des enfants. Ce sont des gens responsables !

Avant de terminer… Quel est ton attachement à la culture Hip Hop ?

Je suis dedans à fond ! Avant tout par la danse (ndlr : il a pratiqué le Breakdance pendant 10 ans), où j’ai pu découvrir la véritable énergie positive du Hip Hop, avec les aspects de challenge et de défi… C’est un moteur pour la vie en général !

Mot de la fin…libre à toi de t’exprimer !

Je suis vraiment content qu’un événement comme le M.O.S puisse exister ! On peint dans de très bonnes conditions. On a même des échafaudages. Les murs sont mortels. C’est un sacré pas en avant ! Et il y a même des sponsors qui prêtent leur image, donc tant mieux, on avance, c’est ça qu’il faut retenir.

Au M.O.S, on s’engage à construire quelque chose ensemble, on respecte le travail de l’autre, il y a une synergie qui se crée. Pourtant, il n’y a rien de plus difficile que de travailler à plusieurs artistes. Mais ici, c’est le but, bosser ensemble et repartir avec des belles photos !

Une Block Party fidèle à son image

Dans un esprit populaire, chaleureux et jovial, la Block Party à Perpignan est  l’événement incontournable qui ouvre le festival Ida y Vuelta, à la Casa Musicale. Cette soirée Hip Hop qui a eu lieu le mercredi 1er juin, réunit chaque année un public de tout horizon, mêlant passionnés, curieux, amateurs…

Ce battle international de breakdance a opposé quatre crews français contre quatre crews étrangers. Le sort a désigné : Aborigènes (Vénézuéla) VS Melting Force (Saint Etienne), Bad Trip Crew (Paris) VS Hustlekidz (Hollande), La Smala (Bordeaux) VS Predatorz (Russie), Vagabonds (France) VS Fusion Rockers (Espagne).

Pour juger ces équipes, Morris (USA), Karim Barouche (Paris) et Ryad (Pokemon Crew, Lyon) nous ont fait l’honneur de leur présence. Pour balancer du son digne d’une block party, DJ Taj Mahal a assuré les mix. Sans oublier le duo de choc de speakers : Nasty et Némir.

La demi-finale a opposé Hustlekidz à Melting Force et Vagabonds à Predatorz. Du haut niveau dans chaque passage, un jury partagé qui a finalement opté pour une rencontre entre deux crews français en finale. A découvrir en images…


Pour prendre la température de la soirée, découvrons les réactions du public :

« Je suis impressionnée par la vitesse et la souplesse des breakers. Respect à eux pour le travail et les efforts qui les ont menés à ce niveau là. Ils ont assuré. Bravo à tous ! », une habituée de la Casa Musicale.

Des B.boys de la région nous font part de leurs réactions.  L’un d’entre eux commence : « La Block Party, ça tue ! J’étais pour les Russes… ».
Un autre intervient : « Les Prédatorz sont forts mais Melting Force devait gagner, ce soir c’était les meilleurs ! ».
Un suivant nous fait remarquer : « Ce que j’ai apprécié aussi, c’est l’impartialité du jury… ».
Puis un dernier tient à nous dire : « Pour moi, c’est la meilleure Block Party depuis 2004…une bonne organisation ! ».

Des passionnés nous expliquent leur point de vue : « L’ambiance était bouillante, on a assisté à une finale de fou ! Vive le Hip Hop, et vive la Casa Musicale qui a organisé l’événement ! », s’exclame un jeune homme.
Sa copine poursuit : « Cette soirée, c’était de la bombe ! Ce n’est pas le vent, ni le froid qui va nous freiner… Nous voulions absolument être présents pour la Block Party ! On a la chance de pouvoir assister à un tel événement dans notre ville, et gratuitement en plus, alors forcément on vient. Vu la foule de ce soir, nous ne sommes pas les seuls, ça fait plaisir ! ».

Némir, tout en précisant qu’il se doit de rester neutre, nous fait partager ses impressions : « Melting Force est un crew qui a du niveau. La finale s’est jouée à peu mais ils ont été meilleurs ! ».

Rencontre avec des adeptes : « Nous sommes venus pour le Hip Hop. Nous n’avons pas été déçus. Une ambiance très Hip Hop, un bon état d’esprit ! Du monde, beaucoup de monde présents à cette Block Party, c’était énorme ! ».
Un de ses proches ajoute : « Il faut préciser que la Block Party, c’est avant tout un mix de cultures. Le Hip Hop a la capacité de fédérer les gens… C’est le grand rendez-vous des quartiers aussi… Un tel événement est important pour la ville. »
Puis, une troisième personne se joint à eux et conclut par : « Ce soir, il y avait du niveau et je retiens le bon climat malgré le froid ! ».

Saluons le crew Melting Force, vainqueur de la Block Party 2011. Et big up à tous les participants !

> Plus d’infos sur :  http://idayvuelta2011.catacult.net/

PRIMO, le live !

Un extrait du show mémorable de DJ PREMIER, lors de son passage au Confort Moderne de Poitiers, le 29 mars dernier.


DJ PREMIER, à 45 ans, reste une figure emblématique du milieu Hip Hop. Il a travaillé avec les plus grands noms du Rap Américain (Mobb Deep, Nas, Notorious B.I.G, KRS One, M.O.P, Mos Def, Kayne West et bien d’autres encore.). Ses productions…des classiques !

Quoi de mieux, pour prendre la température du concert, que de recueillir les impressions du public ?

«Je ne réalise pas encore… Vivre un show de DJ Premier, j’en rêvais ! Pour moi, il représente l’incarnation du Hip Hop. Les artistes, qui à mes yeux sont des légendes du Rap, ont sorti des classiques grâce à lui. Puis Nick Javas a été sensationnel… Comme tous les artistes choisis par Primo : un bon esprit, une bonne performance ! Ce soir, j’ai eu l’impression d’assister à un cours de Hip Hop !» Un passionné

« Une ambiance de folie ! Je ne connaissais pas bien ce DJ avant le concert… Il est vraiment doué ! Je remarque que c’est une référence Hip Hop. J’ai adoré la prestation de Nick Javas…une belle découverte !» Marion



« Très bon concert, ça m’a fait plaisir d’écouter les classiques de Primo. Je kiffe ses sons, je rappais sur ses instrus il y a quelques années. Et Nick Javas, un très bon MC. Alors quand on écoute ça, en direct, et joué par le chef d’orchestre, ici-même, c’est mortel !» RES

«GE-NI-AL !! Soirée très physique, impossible de rester de marbre ! DJ premier est un des pionniers du Hip Hop et ses sons traversent le temps. J’ai adoré partager ce moment avec mes amis. Vous vous rendez compte ? «El padre» de 45 ans nous a fait un show de 2h !» Vanesha



DJ PREMIER, accompagné de Nick Javas, a assuré un show exceptionnel. Tous deux ont fait l’unanimité, autant pour les connaisseurs que pour les novices. La preuve que le Hip Hop séduit !

DJ PREMIER continue sa tournée en France. Il sera le 8 avril à Mulhouse, le 9 avril à Besançon et le 10 avril à Lyon. Avis aux amateurs…

> http://www.myspace.com/djpremier

> http://www.myspace.com/nickjavas

> www.confort-moderne.fr

La Casa Musicale, une optique artistique et humaine

La Casa Musicale est un lieu de pratiques artistiques destiné aux amateurs, pour favoriser l’expression, la création et les rencontres. Situé à Perpignan, cet espace ouvert à tous, évolue en cohérence avec les réalités urbaines. Là, où la plupart des lieux artistiques se basent sur de la diffusion, la Casa Musicale se démarque par sa dimension sociale. Son directeur Michel Vallet, nous en parle : « L’élément fondamental de la Casa Musicale est la composition sociale de son public. Les pratiques artistiques et le public sont au cœur de notre projet. »

D’où vient l’idée de cette association ?

« La Casa Musicale est née de projets pilotes à destination des quartiers, lancé en 1996 par le ministère de la Culture de l’époque. Cette initiative s’est liée à une volonté municipale de travailler en direction de publics populaires, dans le domaine de la musique et de la danse. »

Venons-en à l’événement phare de l’année, le festival Ida y Vuelta, de quoi s’agit-il exactement ?


« C’est un festival qui est organisé au sein de la Casa Musicale, il est gratuit et se déroule sur 4 à 5 jours. Chaque année, on invite 3 ou 4 têtes d’affiche « locomotives ». Il vise avant tout à mettre en avant le travail de l’année, réalisé par les amateurs. Ce travail en interne est d’une grande qualité. Le principe du festival, c’est la normalité : témoigner de la présence d’un public normal, d’artistes normaux…Tout est normal et non en marge. Le festival Ida y Vuelta vit dans l’esprit d’une fête populaire, d’où sa gratuité. Nous avons la volonté de ne pas différencier les publics, tout en attirant les personnes que l’on souhaite faire venir. C’est pour cette raison que le tarif à l’année, de l’inscription à la Casa, reste faible et le même pour tous. »

La Casa Musicale accorde une place importante à la culture Hip Hop…Quelle est votre vision sur son évolution ?

« Depuis dix ans, les professionnels annoncent la fin du Rap. Mais le Rap continue toujours à vivre ! Il a beaucoup marqué la fin du siècle dernier et ce début de siècle. Le Rap laissera une trace indélébile dans l’évolution de la musique, comme le Blues à son époque, la Soul, la Funk, et même le Punk. Il fait partie intégrante de la société. C’est un mouvement fort et créatif provenant d’un public socialement défavorisé, qui par une sorte d’énergie du désespoir a fait quelque chose de nouveau. Le Rap, et plus largement la culture Hip Hop font partie du passé, du présent et donc de l’avenir de la musique. »

Némir - finale Buzz Booster

 

>> Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site de la Casa Musicale