DJ PREMIER & BUMPY KNUCKLES

Pour ceux qui n’ont pas pu être présents lors du show de DJ Premier et Bumpy Knuckles aka Freddie Foxxx à Bordeaux, Hip Open vous donne un aperçu de la soirée…

« Le concert était dingue !!! Je n’ai jamais autant crié et sauté ! Le public était au rendez-vous, une salle remplie comme ça à Bordeaux pour une soirée Hip Hop, ça fait plaisir ! » A.

« Ce concert Hip Hop : du lourd !!!
Des artistes authentiques, un lieu underground et des bonnes vibes ! » G.

 « Très bon moment, très bon public, une salle qui permet une proximité avec les artistes très appréciable… Bref une très bonne soirée Hip Hop ! » K.

« Pour faire les photos, c’était la galère… L’ambiance était tellement chaude que mon objectif était sans cesse embué. Je suis sérieux ! Ce concert, c’était un grand moment Hip Hop. Le public bordelais a été réactif aux classiques de Premo et aux lyrics hardcore de Bumpy. Ce fut une belle soirée… » Valentin

>> Plus de photos sur la page web de Valentin Campagnie 

L’exposition One Shot

Hip Open présent à la Russian TeaRoom Gallery, en tant que partenaire de l’exposition One Shot, tout en étant en charge de la communication et des relations médias de l’événement vous fait partager les bonnes vibrations de la soirée et l’énergie positive qui y régnait…

L’exposition de peinture de Sly2, Kat et Onsept a eu un grand succès : une galerie bondée, un public impressionné par les toiles et des artistes sans arrêt félicités !

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

Pour ces trois artistes, ce fut une première d’exposer ensemble. Le constat : trois styles bien distincts qui ont fait preuve de complémentarité pour cette exposition en commun, sans faire de différence sur la qualité. On retiendra le sens de la précision et la touche d’humour décalé d’Onsept, la spontanéité de la peinture de Sly2 et ses couleurs explosives, ainsi que la maîtrise de la bombe et l’effet de pointillisme de Kat.

Les visiteurs, amateurs d’art, passionnés de Graffiti, artistes, photographes, journalistes, curieux sont venus en nombre et n’ont pas hésité à nous donner leurs avis. En voici quelques-uns…

« Très belle expo où l’art se mêle à la poésie avec la profondeur et les couleurs de Sly2, ainsi que l’humour, la pertinence et la justesse du détail d’Onsept. J’ai également apprécié les toiles de Kat qui sont encore très différentes des deux autres. Pour moi, le travail avec la matière, la peinture ou l’encre offre une authenticité unique. Big up à tous les trois ! » V.

« Tout simplement génial ! On voit qu’il y a un énorme travail qui a été fait, c’est impressionnant. » S.

« Une bonne expo, des artistes abordables… Kat : des effets de dingue et uniquement à la bombe… Onsept : des détails impressionnants. Sly2 : le lâché des couleurs ! » M.

« Onsept m’a fait oublier tout le reste par sa technique et son univers décalé ! » B.

« C’était une expo de qualité, je suis content d’être venu ! Et pourtant je ne dis pas ça souvent… » K.

« Une expo agréable à découvrir, trois styles complétement différents dont le mélange est harmonieux. Pour moi, c’est un événement bien organisé, le public présent était diversifié et plutôt ouvert donc il était facile de discuter et d’échanger nos impressions avec d’autres personnes. Une bonne ambiance ! J’ai trouvé le concept de la soirée éphémère très bien. Je pense que ça a été un vrai succès pour les artistes. » S.

L’exposition One Shot terminée, ces trois artistes pleins de créativité travaillent déjà sur d’autres projets…

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

 

Kat, débordante d’énergie et d’idées, poursuit ses projets individuels liés à la peinture et prépare de nouvelles séries, notamment sur de nouveaux sujets (certaines icônes des années 1940 à 1960). Elle travaille aussi sur des projets de sérigraphies avec son collectif Détraké et continue son activité d’architecte en parallèle.

Photo : Sylvain Mathieu

 

 

 

 

Onsept, lui, exposera à la Favela Chic, bar dans le 11ème arrondissement de Paris, lors d’une soirée pour Halloween, le 31 octobre, avec The Coolege aux platines. Vous pourrez voir ou revoir certaines toiles de l’exposition One Shot et de ses séries précédentes. Onsept prépare également un voyage de 9 mois en Asie, dont le départ est prévu pour novembre, où il profitera de la découverte du territoire pour développer un projet artistique et rencontrer d’autres artistes.

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

 

 

Pour Sly2, du 29 au 31 octobre, des ateliers et performances en collaboration avec le conteur burkinabé KPG sont prévus dans un centre psychiatrique. Du 1er au 6 novembre, il sera en résidence avec la compagnie de danse Hip Hop Nomade pour réaliser un décor et filmer leur spectacle Connexion. Pour janvier, il prépare une exposition à la galerie La Friche, dans le quartier de Belleville à Paris. D’autres rendez-vous seront à prévoir aussi surprenants les uns que les autres…

 

Ce fut un plaisir d’avoir fait équipe avec eux… En plus de leur talent, Sly2, Kat et Onsept ont un bon état d’esprit, des qualités humaines et une humilité à saluer !

>> Plus d’infos sur :

–  le site web de SLY2
–  le site web de Onsept
–  la page web de Kat
le site web de l’exposition One Shot

NJ

Expo One Shot

Hip Open, partenaire de l’exposition One Shot !

Venez nombreux à cette exposition éphémère en plein centre de la capitale pour y découvrir l’univers artistique de  SLY2, KAT et ONSEPT. Au programme : 3 artistes peintres, une trentaine de toiles, de l’inédit, des émotions, des rencontres et de la convivialité !

Rendez-vous mardi 23 octobre, à partir de 18h, à la Russian TeaRoom Gallery (42 rue Volta 75003 PARIS).

>> Plus d’infos sur :

http://expo-one-shot.com

ROCKIN’ SQUAT

Rockin’ Squat était en concert à Bordeaux  pour  « La Tournée 2012 » qui compte au total 13 dates. La spécificité de celle-ci : un show 100% live band !


Ce 13 octobre, il fallait être présent à la Rock School Barbey pour ressentir l’énergie qui s’est dégagée sur scène. Sept artistes pour une performance d’exception, sans compter Grödash qui est venu en tant qu’invité surprise. Une ambiance Hip Hop aux tonalités africaines pour accompagner un discours aussi puissant que profond qui fait plaisir à écouter. Dans ce spectacle, la musique et les textes forment une sorte d’alchimie ou du moins une harmonie consciente qui élève l’esprit… Paix, amour et appel à la connaissance sont les messages adressés à son public multi-générationnel.

Nous avons profité de son passage à Bordeaux pour lui poser quelques questions…

D’où est née l’idée d’un live band pour t’accompagner sur cette nouvelle tournée ?

Rockin’ Squat : Depuis toujours je collabore avec des musiciens sur scène. Mais depuis pas mal de temps, je voulais faire un show 100% live, sans machine ni DJ. Selon moi, pour que ce genre de spectacle fonctionne, je devais m’entourer de virtuoses pour que la cohésion du show devienne magique. Voilà pourquoi c’est avec cette équipe que j’ai décidé de partir en tournée.

Comment s’est fait le choix des musiciens ?

 Cheick Tidiane Seck est un très bon ami et a surtout un talent et une oreille hors pair. Je le connais depuis plusieurs années et nous avons déjà collaboré sur plein de projets différents. Quand je lui ai proposé de m’accompagner dans cette aventure, il n’a même pas réfléchi une seconde. Aussitôt, on était déjà en train de faire la liste des autres musiciens qui allaient nous renforcer dans notre groove. Marque Gilmore à la batterie est une bénédiction, il est monstrueux et généreux, une vraie chance de l’avoir avec nous. Tout comme les autres d’ailleurs, Ahmed Fofana, Madou Koné, Momo Hafsi, et Kaabi Kouyaté. Que des grands, c’est un honneur pour moi et une vraie marque de respect pour ma musique et mon parcours que ces grands musiciens m’accompagnent dans ma folie ! (rires)

Tu dénonces des choses qui dérangent énormément, par exemple dans la chanson Illuminazi 666… Est-ce que tu as eu des problèmes par rapport à ça ?


Le fait de dénoncer des choses qui dérangent peut déclencher des hostilités de la part des gens concernés. Mais je pense que de ne pas les dénoncer ou pire ne pas en être conscient amène des problèmes encore plus énormes dans la vie de chacun…

Il y a ce côté spirituel qui ressort beaucoup aussi. Peux-tu nous expliquer d’où ça vient ?


L’équilibre !

Vu les thèmes abordés, je suis obligé pour ma propre stabilité d’entretenir le côté du guerrier de la paix. Je pense même que des titres comme « Eternel Apprenti », « Amaru Ka », « Le temps et l’instant », « Aimer sans posséder » ou « Une façon de vivre » pour ne citer qu’eux sont encore plus importants que les thématiques qui expliquent la manipulation du monde. Cette pensée chamanique issue des cultures indigènes qui remonte à des millions d’années est une des plus belles clés pour ne pas perdre la face en ce début de 21ème siècle et la décadence du monde qu’il transporte.


Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle génération des MC’s ?

Il y a des choses bien, mais je préfère de loin écouter les oiseaux qui viennent chanter au dessus de ma tête le matin dans mon Mato Grosso do Sul (ndlr : Etat du Brésil). Ils chantent plus juste et leurs messages sont bien plus sains. (rires)

Qu’est-ce que tu espères pour les générations futures ?

Je n’espère rien, je donne ! Vivre l’instant c’est vivre. Croire qu’on a le temps c’est vivre ivre. Prisonnier du passé, prisonnier du futur ? Non je suis Libre dans l’instant. C’est comme ça que j’apprends à vivre et à travers mon expérience d’autres peut-être s’y mettront, comme je m’y suis mis en écoutant et regardant ceux qui m’enseignent.

Terminons par quelques réactions à la sortie du concert…

« Super énergie ! Rockin’ Squat a été généreux sur scène, avec un super live band ! Des sonorités inattendues et un show excellent ! » Charlotte

« Je remarque une grande évolution dans la manière d’aborder la musique du groupe Assassin. Très grande richesse musicale, super performance des musiciens. Un concert très colorisé par le côté africain, notamment par la présence de Cheick Tidiane Seck… » Keurspi

« Une ambiance mortelle ! Beaucoup d’émotions… J’ai eu des frissons dès le premier morceau, les musiciens sont super forts et Squat, une bonne présence scénique ! » Moon

« J’ai été agréablement surpris par ce concert,  je ne m’attendais pas à ce que Rockin’ Squat soit accompagné d’un live band. Un show très musical, c’est plus que du Hip Hop… Je dirais que c’est simplement de la bonne musique ! » The K.O Kid

>> Plus d’infos sur : http://www.livinastro5000.com/artistes/rockinsquat.html

Article / Interview : NJ
Photos : Charlotte Prieu

Du Hip Hop US à Palmer

Pour ceux qui ont manqué le concert de Ill Chemistry et Solillaquists Of Sounds, le 8 octobre au Rocher de Palmer, Hip Open vous fait le débrief…

Ill Chemistry est un duo composé de Desdamona, rappeuse, aux teintes Soul, et de Carnage the Executioner, beatboxer phénomenal.

Ce groupe de Minneapolis, Minnesota a fait une belle performance digne d’un orchestre à part entière, en faisant partager son énergie positive à un public réactif.

Cette première partie de soirée a été pleinement réussie : une ambiance groove et des sons Hip Hop & Soul comme on les aime. Ill Chemistry, du talent et un bon état d’esprit !


Solillaquists Of Sounds est un groupe de 4 artistes, dont deux MC’s Alexandrah et Swamburger, un producteur et compositeur Divinci et une poète Tanya Combs, venu d’Orlando, Floride.

 

Nous retiendrons de ce show, la mise en scène originale avec ses références à l’univers de la bande dessinée et la voix envoûtante d’Alexandrah.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On ressent chez eux une touche d’humour et un ton décalé pour ne pas dire déjanté qui correspondent bien à leur identité musicale.

 

 


Pourtant loin du rap mainstream, le public a été nombreux à assister à cette soirée sous le signe du Hip Hop américain. Une découverte de deux univers très différents qui a permis à tous de se faire un avis sur les artistes.

« J’ai adoré Ill Chemistry ! Il y a une bonne alchimie entre les deux et c’est un groupe sans artifice. Bonne prestation ! » Moon

« Le groupe Ill chemistry porte très bien son nom. C’est un mélange étonnant et détonnant ! Quant à Solillaquists, j’ai adoré l’imitation de Jimi Hendrix à la MPC et la chanteuse à une voix absolument sublime… » Charlotte

>> Plus d’infos sur :

Site officiel de Solillaquists of Sound

Page Facebook Ill Chemistry

Site officiel du Rocher de Palmer

Arrêt sur images


Une ballade au Marché de Lerme à Bordeaux s’est imposée pour découvrir l’univers du light painting, à l’occasion de l’exposition « Lumières croisées de Bordeaux à Casablanca » d’Alexandre Dupeyron et Yann Chatelin. Une belle surprise !

Lire la Suite...

« Lumières croisées de Bordeaux à Casablanca »

Alexandre Dupeyron et Yann Chatelin font vivre, en musique, leur exposition photographique en invitant Shira Keshet et L’être Lambda au Marché de Lerme (Bordeaux), le jeudi 4 octobre à partir de 21h…

TIZER FROM LONDON

La série d’interviews de graffeurs réalisée lors du Meeting Of Styles France 2012 s’achève par celle-ci… Un échange intéressant avec Tizer !

Présentation…

Mon nom est Tizer One, je fais partie du ID crew de Londres, et j’ai commencé le Graffiti en 1988.

Peux-tu définir ton style ?

Détraqué ! (rires)
Je fais des personnages et des lettres. J’adore faire des lettrages imposants et improviser autour. J’essaye toujours de peindre des choses différentes mais on peut toujours reconnaitre mon style.

Pourquoi le Graffiti ?

A vrai dire, ce qui nous a poussé, mon frère et moi, à nous lancer dans le Graffiti, c’était l’idée de pouvoir faire partie de la culture Hip Hop ! J’étais dyslexique donc j’ai toujours eu du mal à retenir les rimes (rires) et le beatboxing n’était pas à la mode donc je me suis tourné vers le Graffiti. C’était fait pour moi ! Et ça nous rendait cools…

La musique est un art très puissant qui peut toucher beaucoup de monde. Quant au Graffiti, comme c’est un art visuel, ses messages sont peut-être plus directs, plus forts… Le Graffiti peut aller à l’encontre du gouvernement, si par exemple quelqu’un écrit un slogan contre les institutions. Mais d’un autre côté, comme c’est visuel, ils peuvent s’en débarrasser.  Quand ils disent « on nettoie les graffitis », ça leur donne l’impression de faire quelque chose, mais quand il faut s’occuper des pauvres ou des fous c’est autre chose…

Le Graffiti est de plus en plus accepté par les institutions, qu’est-ce que tu en penses ?

Oui et non. Je pense que maintenant le public peut voir davantage de Graffitis, surtout grâce à internet et c’est une bonne chose. Mais d’un autre côté, je regrette les intérêts financiers qu’il y a derrière… Certains artistes font beaucoup d’argent avec leur art alors qu’avant personne ne s’y intéressait. Maintenant des gens sont prêts à payer pour avoir des Graffitis et comme tout le reste, le Graff devient un produit à vendre.

C’est bien que les institutions prennent les choses sérieusement mais il faut aussi rappeler que le gouvernement continue à mettre des jeunes en prison pour des « crimes » non violents, des Graffitis. C’est complètement fou !  Donc, tu vois, ça dépend… A Londres, il y a quand même des jeunes incarcérés dans des prisons de haute sécurité pour avoir fait du Graffiti !  Donc le gouvernement doit encore beaucoup évoluer à ce sujet. Mais c’est vrai que le grand public, jeunes et vieux, apprécie davantage le Graff.

Est-ce que tu vis de ton travail ?

Oui, c’est mon job. Il y a 10 ans, j’ai été viré d’un emploi. Suite à cela, j’ai décidé de ne plus faire de job pourri donc j’ai voulu être payé en tant qu’artiste Graffiti. Cela n’a pas toujours été facile. J’ai dû m’adapter aux demandes des clients, ils te demandent « tu peux peindre une jungle ? ». Toi, tu penses que tu ne peux pas mais tu dis oui ! Alors tu deviens autodidacte, tu apprends à faire des choses que tu ne pensais pas pouvoir faire, tu apprends de nouvelles techniques. C’est bien de travailler pour soi et pas pour quelqu’un d’autre. Je suis conscient que j’ai beaucoup de chances de vivre de mon travail, de faire ce que j’aime.

Qu’est-ce qui t’a amené à la culture hip hop ?

J’ai commencé à écouter des sons Hip Hop en 1984 et je me suis mis à acheter des vinyles en 86. Avant j’écoutais du Punk, du Ska et du Reggae mais à cette période, le Punk anglais a commencé à mourir. La culture Hip Hop a repris ce rôle revendicateur, un peu politique. Et j’ai vraiment accroché ! Je pense que c’est important de rester dans cette dynamique, même si parfois c’est bien de pouvoir écouter de la musique festive.

Est-ce que tu y vois d’autres liens ?

Bien sûr, les toasters dans les années 1940 faisaient des battles et se moquaient les uns des autres. La musique jamaïcaine utilisée par ces mecs est devenue du Ska, il y a des influences des Caraïbes, de partout… Et je pense qu’il y a un lien et un équilibre entre le Punk et le Rap. Puis si l’on prend le Punk ou le Ska à la fin des années 70 et le Hip Hop britannique à son origine, on peut vraiment faire le parallèle. On retrouve les mêmes influences et la même force underground.

Et qu’est-ce que la culture Hip Hop t’a apporté dans la vie ?

J’ai appris à m’amuser et à danser ! (rires)
J’ai adoré la musique parce qu’elle signifiait quelque chose pour moi. A la fin des années 80, les gens étaient « pro-black » donc j’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire des noirs américains, sur la façon dont les gens pensent dans d’autres pays. Par le Graffiti, j’ai aussi appris l’histoire de l’art : la typographie, la perspective, le dessin de personnages, le placement des couleurs… A mon tour, j’essaie d’apprendre aux jeunes le Graffiti et l’histoire de l’art.

Quelques mots sur le Meeting Of Styles ?

Je voudrais remercier les organisateurs du MOS France, ils se sont bien occupés de moi, c’était cool… Le MOS, c’était incroyable ! Il y a une vraie qualité artistique. Même les jeunes du coin ont fait de très belles pièces. Il y a une très bonne ambiance, de la bonne musique, de très bons B-boys et B-girls et des Graffitis hallucinants. C’est génial de rencontrer des gens de tous horizons, de différents pays. La communauté des graffeurs est assez petite, même dans les grandes villes donc c’est bien de se retrouver en personnes pour partager des expériences similaires. On peut parler, se connaître et se soutenir. Surtout pour les gens qui voyagent beaucoup, on se sent plus fort.

Quels sont tes prochains projets ?

Je vais en Hongrie dans quelques semaines, pour un petit festival. Je vais peindre là bas, ça va être cool. Je dois aussi aller à Amsterdam, je n’y suis jamais allé donc j’ai hâte !

>> Retrouvez Tizer sur Flickr

Interview : NJ
Traduction : Charlotte Prieu
http://whatchasees.blogspot.fr
+ Romain Vivant

Tizer

« Le Graffiti est un « crime » non violent… »

Tizer 

Rencontres mexicaines : Gerso et Ecks

A l’occasion du Meeting Of Styles France qui s’est déroulé à Perpignan en juillet dernier, Hip Open a rencontré deux graffeurs mexicains, Gerso et Ecks.

Commençons par une présentation…

G : Je suis Gerso et je graffe depuis 10 ans.

E : Je suis Ecks. Je peins depuis environ 6 ans.

Pouvez-vous me parler de votre style ?

G : Mon travail est basé sur le lettrage. Dernièrement, j’ai commencé à faire d’autres choses mais au final je reviens toujours au lettrage.  Ce que je dessine… Ce n’est pas vraiment des personnages, pas vraiment du réalisme, c’est encore autre chose…

E : En ce moment, j’essaie de créer mon propre style. Depuis que j’ai commencé, j’ai travaillé sur plusieurs choses : j’ai fait des personnages, du réalisme, des lettres, du flop. Maintenant, je mixe tout ce que j’ai appris pour commencer à développer mon propre style.

Quelle est la différence entre le Graffiti au Mexique et le Graffiti en France ?

E : Le Graffiti mexicain est assez difficile à différencier car il y a beaucoup de réseaux différents, beaucoup de writers différents. Avant, on aurait pu dire qu’il y avait une différence entre le Graffiti mexicain, américain, sud-américain, français… Mais maintenant c’est difficile à dire… Même s’il y a certains procédés que l’on reconnaît par la nationalité. Par exemple, au Mexique et au Chili, on utilise énormément de peinture au latex que l’on mélange avec du plâtre. Je pense que ce sont des techniques plutôt latino-américaines. Après je ne peux pas vraiment comparer avec celles de la France car je ne les connais pas beaucoup.

G : Aujourd’hui, nous sommes très influencés par ce que l’on voit sur internet. Et il est fort possible que les choses arrivent simultanément dans différents endroits du monde. Si par exemple, j’ai l’idée de réaliser une pièce uniquement avec des petits carrés, il est probable que quelqu’un en France ait la même idée. Donc je ne vois pas trop quelle différence il y aurait. C’est juste que dans nos travaux, parfois on se rejoint sur certaines choses puis on se sépare sur d’autres.

E : Il pourrait y avoir aussi une différence culturelle. Par exemple au Mexique, on peut peindre beaucoup de choses préhispaniques, des choses très mexicaines… Alors on pourrait dire qu’il y a une différence entre le Graffiti sud-américain et le Graffiti européen…qu’en Amérique du Sud, on peint beaucoup de choses préhispaniques…


G : … et qu’en Europe, on peint des choses européennes. Par exemple, j’ai vu ici quelqu’un peindre dans le style art déco, dans ce courant pictural, c’était vraiment très bon. C’était drôle car je n’avais jamais vu quelque chose de similaire ici, en Europe. C’est comme si cette personne essayait de sauver un peu son passé.

Quel est votre point de vue sur le Meeting Of Style en France ?

G : On en avait tellement entendu parler par Kanos et Astro qu’on pouvait déjà s’imaginer comment c’était. Mais lorsque tu le vis, tu le trouves vraiment plaisant. Tu rencontres des gens d’un peu partout. A tes côtés, il y a un graffeur espagnol, un graffeur italien… C’est le genre de choses qui n’arrivent jamais au Mexique et si ça arrive, je pense que ça ne serait pas pareil.

E : Ici, il y a une volonté d’unification. Par exemple, même si tu ne connais pas la personne à coté de toi, même si tu ne parles pas la même langue et que vous n’avez pas le même style, vous essayez néanmoins de vous associer. On nous a remis les mêmes couleurs, tu mélanges ton style avec celui du voisin pour arriver à une unification et une continuité. J’ai beaucoup apprécié, c’était vraiment agréable.

Dans quels pays, avez-vous voyagé grâce au Graffiti ?

E : Déjà, j’ai voyagé au Mexique puis en Colombie, en Equateur et maintenant en France. J’espère aller bientôt au Chili. Tu ne t’imagines pas que le Graffiti va te faire sortir du pays mais c’est bien car cela te donne un peu plus de force pour continuer à peindre.

G : Il y a quelques années, je suis allé en France. L’année dernière, je suis allé au Guatemala à un événement de Graffiti organisé par l’ONU. Que l’ONU soit à l’initiative de faire venir un étranger, à savoir un Graffeur du Mexique vers le Guatemala, c’était un grand pas, un pas de géant.

Qu’est ce que vos voyages vous ont permis de découvrir ?

 G : Me découvrir… A chaque voyage, tout le monde me secoue en me prenant dans ses bras. Mon premier voyage en Europe fut en France et j’y ai rencontré Milouz, Papy et j’ai vu le style de vie qu’ils avaient. En revenant au Mexique, je me suis rendu compte que je voulais vivre quelque chose de similaire. A un moment, je n’avais plus envie de peindre mais en venant en France, en restant quelques jours avec eux, cela m’a donné de la force et j’ai eu envie de continuer. La deuxième fois que je suis venu, j’ai connu Astro et Kanos et cela a été encore plus fort. A chacune de mes sorties du pays, c’est comme un apprentissage. Je reviens chez moi encore plus motivé et cela m’aide à me connaître et à grandir en tant que personne.

E : J’ai voyagé aussi grâce à des rencontres. Mon voyage en Colombie fut très joli. J’y suis allé grâce à un colombien que j’ai rencontré au Mexique. Il m’a invité et ça c’est très bien passé. Ici, c’est très différent qu’en Amérique du Sud car on n’a pas les mêmes points de vue, beaucoup de choses sont différentes comme les personnes, les modes de vie. Tu découvres en rentrant que tu as une autre mentalité. 

Quel est votre rapport à la culture Hip Hop ?

G : On pourrait penser que peindre t’amène à la culture Hip Hop mais pas vraiment en fait. Oui le Graffiti et le Hip Hop vont de pairs mais ce n’est pas pour autant que je me sens impliqué dans la culture Hip Hop. Mais j’en écoute et j’aime ça.

E : Quand j’ai commencé à peindre mes amis n’écoutaient pas vraiment de rap. Et depuis que j’ai voyagé de par le monde, je sais que le Graffiti et le Hip Hop sont comme frères. Mais moi quand j’ai commencé à peindre, ce n’était pas lié au rap, ni au Hip Hop. En voyageant, par exemple en Colombie, j’ai constaté que mes amis graffeurs pratiquaient deux disciplines du Hip Hop, le Graff et le Rap. C’est un style qui me plait mais pas plus que ça.

 Quels sont vos projets ?

G : J’ai envie de peindre des toiles, de voyager au Brésil, au MOS et en Argentine, le dernier est très probable. J’ai envie d’organiser un événement au Mexique appelé « El tiempo de un color » (Le temps d’une couleur) et le consolider comme étant une réunion de personnes des pays d’Amérique centrale.


E : Prochainement, aller au Chili pour un événement qu’organise une amie chilienne. Mais ce qui m’intéresse le plus là, ce sont mes résultats à un concours à l’Université pour faire des études d’arts plastiques. J’ai hâte d’avoir les résultats pour savoir si je vais pouvoir entreprendre ces études, c’est ça qui m’importe le plus avant même de voyager.
(ndlr : Aujourd’hui, nous savons que Ecks a été reçu à l’Université pour ces études d’arts plastiques.)

Avez-vous des projets ensemble ?

G : Ensemble ? Non (rires).

E : Le MOS est un projet que nous faisons ensemble. Ça fait quatre mois qu’on le projetait avec des « ah j’ai un contact là », « ah moi j’en ai un autre là »… C’est grâce à ça que nous sommes ici.

G : Ce projet va peut-être nous amener à quelque chose… Mais pas seulement entre nous deux mais peut-être aussi avec d’autres graffeurs car au Mexique, ils parlent de nous : « Ils sont au MOS !!! », c’est quelque chose d’impensable…


E : Au Mexique, les graffeurs sortent peu du pays, et ceux sont toujours les mêmes (quatre ou cinq) qui sortent. Mais quand un autre sort, ça devient déjà autre chose. Ce qui est bien c’est que d’autres bons graffeurs mexicains pourront également sortir du pays car ils le méritent aussi.

G : Moi ça ne m’importe pas spécialement pour ceux qui peignent en ce moment mais pour ceux qui commencent à peindre maintenant, parce que ce sont eux qui vont donner un réel élan au pays.

Interview : NJ
Traduction : Alexandra Miranda Larrahona
http://streetinterviews.blogspot.fr

+ Participation Pierre Almendares