Le Hip Hop au cœur de la science

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Il est 11 heures dans les rues bruyantes de New York alors que j’attends le collectif Hip Hop Psychology devant la majestueuse entrée du centre du troisième cycle de l’université de la ville de New York…

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Hip Hop Psychology

« Par le biais du Hip Hop, on veut repousser les limites de la science et de l’art pour qu’elles se mélangent…»

Debansghu, fondateur du collectif Hip Hop Psychology (New York)

DESY : son parcours, sa vision…

Peux-tu te présenter ?

Moi c’est Desy, je peins depuis 1988, je suis originaire de Sarcelles. Mon style de Graffiti est assez classique… Je me suis essayé un petit peu à tout, même à la 3D il y a une dizaine d’années mais je préfère le Graffiti classique.

Comment te situerais-tu dans l’histoire du Graffiti français ou même parisien ?

Dans le Graffiti parisien, je me considère dans la middle school parce que j’ai commencé dans la deuxième génération de graffeurs. Il y a les premiers qui sont arrivés au début des années 80. Puis, le mouvement a explosé et je suis arrivé à ce moment là, que l’on appelle la deuxième vague.

Comment as-tu vécu le début du Hip Hop ?

De façon très très intense… Déjà, les gens voyaient le Hip Hop comme une mode qui arrivait et qui allait passer très vite, alors que pas du tout puisque ça continue encore aujourd’hui !

J’ai vraiment kiffé le début. A Stalingrad (dans le 18ème arrondissement de Paris) il y avait le premier terrain de Graffiti, qui était le plus gros d’Europe à l’époque. Et il y avait aussi un shop avec des sapes de New York. Donc on allait au terrain, puis on passait à la boutique. Les infos Hip Hop, on les avait surtout ici.

Et aujourd’hui, ce qui anime mon esprit, c’est ce que je voyais quand j’étais ado… Les Bboys, par exemple, quand j’allais voir les BBC à Stalingrad. Je revois ça et quelque part, j’essaie de le retranscrire…

Le Hip Hop anime ma vie de tous les jours, que ce soit au niveau culturel, vestimentaire… J’écoute beaucoup de rap, qu’il soit américain ou français. Je me tiens toujours au courant, j’achète toujours des magazines de Graffiti. Même si je peins moins je suis toujours présent.

Que penses-tu de l’évolution du Hip Hop ?

Je pense que son évolution est bonne. Au début, nous n’étions pas beaucoup. Mais comme on devait tout le temps chercher l’information, c’était quand même galère ! Faut avouer que tu passais des heures à marcher pour aller voir un mur. Je ne dis pas que ce sont des mauvais souvenirs. Aujourd’hui, c’est bien de dire que j’ai marché deux heures pour aller voir un graff de Bando ou attendu trois heures pour aller voir un concert de Public Enemy. Donc ça c’était génial mais je préfère quand même l’information que l’on a en ce moment parce qu’elle est très vite diffusée. C’est un vrai changement par rapport à ce qui se passait avant…

Avant, il y avait le bouche à oreilles et quelques petits fanzines qui circulaient à droite à gauche comme The Zulu Letter ou Get Busy. The Zulu Letter était centrée sur le Graffiti et un peu sur l’ensemble du Hip Hop. Il y avait aussi Radio Nova, qui a commencé en 1987/1988 avec une émission qui s’appelait Deenastyle, qui nous donnait les infos sur ce qui se passait dans le Hip Hop, surtout niveau Rap. C’était les débuts et c’était plutôt sympa, c’est vrai.

En plus de l’information, peux-tu nous parler de l’état d’esprit qui régnait au cœur du mouvement ?

Au départ, on n’appelait pas ça le « Hip Hop »  mais « le mouvement ». On s’identifiait beaucoup à la Zulu Nation. Moi, ça ne me parlait pas plus que ça… Tout le monde en parlait donc on était dans le truc, on était dans « le mouv’ ». La Zulu Nation, c’était vraiment une organisation spécifique qui a été lancée par Afrika Bambaataa. Il était venu en Europe. A Paris, il avait désigné Candy comme représentatrice de la Zulu Nation France. Cela s’est fait en 1986, je crois… En suivant, elle a fondé le magazine The Zulu Letter. Donc ce fut quand même une étape importante dans l’histoire du Hip Hop. Mais tout le monde ne s’identifiait pas à la Zulu Nation car on ne devait pas tagger, pas boire d’alcool, etc. Il y avait une éthique très spécifique. Nous, on est vite sorti de là. Après le tag a explosé dans tous les sens et on a suivi le rythme. Puis beaucoup de taggers sont devenus rappeurs, notamment les NTM. Donc ça a donné un nouveau souffle.

Comme dans tout, au début, c’est beaucoup de passion puis les gens grandissent, ils vieillissent, ils ont besoin d’argent et ça devient un business. Moi, je n’ai jamais voulu faire de l’argent, ou très peu avec le Graffiti. J’ai toujours voulu le garder comme une passion.

Dans le Graffiti, il y a une grosse récupération aujourd’hui, mais elle n’est pas mauvaise en fait. Je viens de voir que le groupe Le Chat Noir a travaillé pour la marque Dim. C’est fort, ça me plaît beaucoup ! Parce que c’est un vrai visuel Graffiti, moi ce qui me dérange c’est la récupération en agence, par des mecs à qui on demande de faire du Graffiti alors qu’ils n’ont pas la culture. En le demandant directement à des gens concernés, ça donne quelque chose de très fort ! Tout de suite, on aime ou on n’aime pas le visuel mais il est Graffiti. C’est ce que l’on veut, que ça sente le Graffiti !

Comment différencierais-tu l’univers old school et new school du Graffiti ?

Souvent quand on parle de old school, on parle d’une certaine mentalité. J’ai commencé en 1988, donc on me met dans la catégorie old school mais je n’ai pas l’impression d’être old school en fait. Quand je suis avec tous les ODV, par exemple, qui sont beaucoup plus jeunes que moi, je me sens mieux avec eux qu’avec des mecs qui sont old school et qui vont être hyper aigris en disant que le Graffiti c’était mieux avant alors que non, pas du tout !

 

 

Avant, on peignait avec du mauvais matériel. Le matériel a évolué et il est bien meilleur aujourd’hui qu’il l’était il y a vingt ans. Tu prends aujourd’hui, une bombe qui coûte en moyenne entre 3 ou 4 euros, elle recouvre 3 fois plus qu’une bombe qui valait 20 francs à l’époque. Si tu fais le calcul, ça coûte moins cher de graffer aujourd’hui que de graffer dans les années 80.

Quel est ton regard sur le Graff d’aujourd’hui, en comparant à l’époque où tu as commencé ?

Déjà, il y a eu beaucoup d’améliorations qui ont contribué à l’expansion du Graffiti, que ce soit internet, la photo… Je trouve ça très bien !

Aujourd’hui, le Graffiti est plus officiel qu’avant. Mais je suis quand même forcé de dire que j’aime bien le vandale car pour moi le Graffiti, c’est aussi le vandale, même si c’est bien qu’il se soit démocratisé.

En fait, je suis un peu mitigé…J’aime bien ce qui se passait avant parce qu’aller chercher les infos nous apportait beaucoup de connaissances. Aujourd’hui, c’est différent, l’info est quasiment instantanée. Je ne dis pas que c’était mieux avant, ce n’est pas vrai car la facilité et la rapidité me semblent être des bonnes choses. Par contre, je pense que beaucoup de jeunes qui graffent aujourd’hui sont simplement de passage dans le Graffiti… Beaucoup d’entre eux ne se documentent pas assez sur ce qui s’est passé avant. Il y en a qui le font, il y en a qui ne le font pas… Avoir une culture Hip Hop Graffiti, je trouve ça plutôt logique, pourtant c’est ce qui manque aujourd’hui.

Maintenant, il y aussi beaucoup d’événements de Graffiti, il y a des commandes qui se font de la part des institutions, des entreprises… Est-ce que tu penses que l’on reprend le Graffiti pour s’en servir différemment ? `

On reprend le graffiti pour s’en servir différemment mais à partir du moment où tu essaies d’en vivre, il est louable que tu sois payé pour le travail que tu fais.

Je te donne un exemple… Récemment, j’ai vu mes visuels dans un jeu qui est vendu sur PlayStation. Là, ils ont utilisé mon image, ils ont pioché dans mes informations sur le web pour les incruster au jeu. Je ne comprends pas que l’on puisse récupérer des visuels comme ça, sans demander d’autorisation ! Récupérer le Graffiti de cette façon, je trouve ça vraiment dommage.

Que penses-tu du Meeting Of Styles ?

Je trouve que l’ambiance est très bonne ! C’est très propre, ça n’a rien à voir avec ce qu’il se passe sur Paris. En fait, je n’aime pas la mentalité qui règne autour de Paris. Je trouve que l’on peint mieux en province et ce qui s’y passe représente plus le Hip Hop comme je l’entends. Un MOS à Paris n’aurait pas la même saveur qu’à Perpignan ! Les gens, la mentalité, les groupes qui viennent, les rivalités… Ici, on ne parle pas de tout ça. A Perpignan, l’ambiance est très Hip Hop ! Cela me rappelle aussi ce que j’ai vécu en Allemagne, lors d’une Jam.

Pour moi, le MOS ça permet aussi de faire davantage de connections avec des graffeurs venus de tout l’Europe et même du monde entier.

Avant de terminer, je suis sûre que tu as des anecdotes assez incroyables sur ton vécu dans le Hip Hop… Tu peux nous en raconter une ?  

Rires
Des anecdotes, il y en a tellement…
J’avais entendu parler d’un lieu où l’on pouvait aller voler des bombes pas très loin de chez moi, dans une usine qui en fabriquait… Comme on était un peu jeune, on ne calculait pas et on y allait pratiquement toujours au même moment, les mêmes jours, les mêmes heures… Donc on s’est fait pister par la police et un jour on s’est fait courser ! Je me rappelle avoir un sac rempli de sprays, on courrait sur la voie ferrée, les flics nous courraient après. Des bombes de peinture sont tombées et il y en a une qui a explosé… Je me suis retourné et l’image que j’ai eu, c’était la bombe qui tournait dans tous les sens et le flic qui court dedans et se prend le jet de chrome dans la tronche ! On a eu peur mais qu’est ce qu’on a rit ! On n’a pas arrêté de courir. C’était pas mal, on a bien rigolé. Et on a eu bien peur aussi. Voilà pour la petite anecdote.

Bonus, réalisé par DESY :

>> Plus d’infos sur : http://m.flickr.com/#/photos/desi1988/

Ron Brice, du flow et des textes

Vous connaissiez déjà Hassan le Fronçais et sa clique de Perpizoo. Hip Open vous avait aussi présenté Fleyo et Keurspi, actifs dans le rap bordelais. Mais on ne vous avait pas encore parlé de Ron Brice, ce parisien venu compléter l’affiche du Hip Open Event #1, jeudi 5 avril. Une belle occasion de rencontrer ce MC atypique, accompagné de Stresh, son deejay. 17h30, les balances s’achèvent… Micro à peine posé, platines encore chaudes, le duo file au débat du Hip Open Event #1 sur le rap et les médias, puis revient vers nous pour une interview décontractée, à l’écart d’une salle commençant à s’animer.


Pour commencer Ron, revenons sur ton parcours et ta rencontre avec DJ Stresh… Comment ça s’est passé ?

Ron Brice : On a débuté chacun de notre côté, il y a une quinzaine d’années. J’ai commencé le rap en 1996, avec mes grands frères. J’ai tourné dans des collectifs et fais pas mal de concerts. Ensuite, j’ai côtoyé Poison qui était proche de Ménage à 3, à qui était affilié Youssoupha. On fréquentait les mêmes studios et Stresh bossait aussi avec Youssoupha sur ses tournées. On a fait quelques dates ensemble. Et nous avions les mêmes influences, d’où la naissance de notre collaboration en 2006. A l’époque, Stresh bossait dans un magasin de vinyles sur Paris, et moi je vendais des disques dans la rue. Il me faisait écouter ses prods, et j’ai alors enregistré quelques trucs avec lui. Et dès 2007, on s’est mis à travailler sur l’album Reality Rap. Il a produit le morceau Bête noire et d’autres titres sur la mixtape Reality Tape. C’est mon associé sur la tournée et au sein de 16 Barz !



16 Barz
, c’est une asso ou un label ?

Ron Brice : C’est un label sous forme d’association. Nous sommes deux pour le moment. Je rappe et Stresh est deejay, producteur, backeur…(rires) Enfin il a plusieurs casquettes. On souhaite aussi travailler avec d’autres personnes de notre entourage, pour agrandir la famille et être plus vif sur le circuit. Pour le moment, on se concentre sur la sortie de l’album qui devrait arriver fin mai, début juin. Les morceaux sont faits mais on a encore deux clips à balancer avant. En attendant, la Reality Tape, mixtape de mes morceaux de 2005 à 2010 vient de sortir.

D’où l’abondance de titres sur cette tape ?

Ron Brice : En fait en 2005, je bossais plus avec les Soul Children, qui travaillaient aussi avec Flynt, Youssoupha, qu’avec Stresh. On avait fait un album qui n’est jamais sorti. Donc dans cette mixtape, mixée par Stresh, j’ai récupéré certains morceaux réalisés avec eux qui n’étaient pas connus… Parce que concrètement je me suis fait connaître en diffusant quelques morceaux sur le net. Nous, nous sommes de la génération où l’on rappait bien avant Internet, Myspace ou Facebook… Mais on s’est fait connaître par des clips qui ont tourné sur le web.

Tes clips justement, sont tous réalisés par Tcho/Antidote. Peux-tu nous parler de cette collaboration ?

Ron Brice : C’est une longue histoire faîte de connaissances en commun liées au graffiti, à la photographie, à la réalisation de clips… Stresh bossait avec Géraldo, qui lui, côtoyait Tcho et aidait un de mes potes à vendre des disques dans la rue. On se connaissait tous. Et un jour un mec a fait écouter un de mes sons à Tcho…

DJ Stresh : Au niveau du positionnement musical, cela correspond hyper bien à ce qu’il met en image. Sa vision de la musique s’adapte bien. Ce n’est pas calculé, leurs univers respectifs collent tellement bien que lorsque l’on ressert l’étau, c’est ce qu’il y a de plus cohérent.

Ron Brice : Après on clippe davantage parce qu’on a plus de visibilité. Avant, où pouvait-on les mettre nos clips ? Maintenant, la confrontation au public est directe et la rotation se fait d’elle-même, il n’est plus nécessaire de passer à la télé. Mais on mise plus sur la musique qu’on diffuse. On se dit qu’on a une particularité dans notre façon de faire, nos instrus, nos références… Des références très New Yorkaises, très outre atlantique dans la manière de faire la musique, d’utiliser les samples, dans les placements, ma manière de rapper…  Après cela ne fait pas tout, il faut aussi amener l’image qui va avec. Mais ça fait plaisir de voir que beaucoup s’identifient encore à ça, et accrochent toujours à ce style de musique.


Pourquoi ces influences New Yorkaises justement ?

Ron Brice : J’ai toujours écouté du rap français et du rap américain. Mais étant jeune, tu comprends plus le rap français. Le rap américain, c’est ce qui te fait bouger mais tu ne comprends pas vraiment les paroles, ni là où ils veulent en venir. Et quand à l’époque sur Paris il y a eu les 12’inch Allstar, des genres de concours, moi j’étais très poussé dans l’écriture, mais au niveau de la forme ce n’était pas ça. Là, j’ai réalisé que d’autres comme Wayman avaient déjà assimilé de faire du rap américain en français, avec des flows qui ont de la musicalité… En France, on était et on est toujours aujourd’hui centré sur les paroles. On donne plus d’importance au texte, à la bonne écriture, qu’à la musique en elle-même et à la manière de rapper. Moi j’ai vraiment pris mes influences sur l’école New Yorkaise donc j’ai trouvé important de réunir les deux, le fond et la forme.

Tu parles donc d’un manque français au niveau du flow ? 

Ron Brice : Les gens de l’ancienne école ont vraiment assimilé ce côté écriture mais délaissé le flow. La nouvelle vague elle, a percuté et est dans le truc spectaculaire, en donnant beaucoup d’importance au flow. Mais au niveau du charisme, du contenu, il y a un manque. Il faut avoir vraiment vu les deux pour donner de la consistance au truc. C’est de la culture après, une école. J’ai kické des trucs très différents, de Big L à Oxmo. Au niveau des paroles, je sais donc être profond. Mais je sais aussi être davantage sur le flow, parlant de choses plus légères et plus marrantes. Il faut vraiment allier les deux. J’essaye de bosser pour réunir cette culture française du texte, être touchant, et le dynamisme du flow.

DJ Stresh : C’est propre à notre génération. On fait parti de ceux qui ont grandi avec le rap américain. Et le rap français commençait vraiment à avoir ses têtes et ses acteurs principaux qui ont marqué leurs époques. Nous on écoutait Time Bomb, La Cliqua, qui eux à l’époque étaient déjà inspirés des flows américains, et qui poussaient l’écriture dans un autre sens en faisant l’alliage des deux. Comme on a grandit avec ça, ça nous a forgé notre intérêt. C’est ce qui fait que des mecs comme Hassan, Ron Brice ou Nemir et plein de MC’s de cette génération ont pris cette direction là. Pas seulement des textes, mais une jolie musique à écouter. Parce que si tu veux du texte pour du texte, tu lis un livre, t’écoutes pas un disque !

Ron Brice : Sachant que les sujets du rap maintenant sont connus. Tout est fait. Alors si rien n’est amené au niveau de la forme et donc du flow, de la manière d’amener le texte, cela ne sert à rien.

Votre collaboration semble couler de source au final ?

Ron Brice : On écoute tellement la même chose, les mêmes styles de sons… La plupart du temps, il m’envoie une prod et c’est la bonne. Alors que certains beatmakers m’en envoient 7 ou 8. Avec lui c’est souvent direct, on est bien en phase.

DJ Stresh : J’ai travaillé avec Youssoupha, avec Ali, mais c’est vraiment le MC avec lequel j’ai le plus de facilités. Je sais ce qu’il va faire. Je n’ai même pas besoin d’être là quand il va enregistrer, je sais ce qu’il va faire. Cela ne se passe pas toujours comme ça. Il y a des gens avec qui on a besoin de savoir dans quel univers ils évoluent, ce qu’ils aiment vraiment, il y a plus d’allers retours. Là ça s’enchaîne facilement, je lui passe les sons au fur et à mesure et ça se monte doucement.


Un duo de choc pour une performance détonante. Ron Brice, c’est du flow et des textes remarquables et une touche singulière à laquelle on adhère ! Et si le Hip Open Event #1 nous a régalé, c’est aussi parce que ces deux là ont assuré !


>> Pour plus d’infos, retrouvez Ron Brice et DJ Stresh sur Youtube, Facebook et Twitter.

>> Pour télécharger la Reality Tape, cliquez ici.

Ludovic Lacroix