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« Don’t panik, ce morceau vise à rassembler les communautés… »
Médine
TO THE ARTS, TO THE WORLD !
« Don’t panik, ce morceau vise à rassembler les communautés… »
Médine
Le graffiti, cet art éphémère tant stigmatisé, si incompris du public nous a tous un jour ou l’autre, de près ou de loin, tapé dans l’œil… Utilisé comme un moyen d’expression, les graffeurs s’approprient l’espace public dans une optique artistique et souvent militante, pour contester, déranger, revendiquer, dénoncer, faire réfléchir, soutenir… L’artiste, dans la rue, reste libre ! Libre de véhiculer un message politique, social, environnemental…tel un vecteur de communication informel dans la société. A l’aide de pochoirs, stickers, affiches, ils font vivre cet art. Sans oublier les bombes chargées de révolte, qui explosent en couleur sur les murs, pour faire réagir les passants.
Le street art est l’un des premiers mouvements artistiques internationaux. Un métier de l’ombre qui nécessite de garder l’anonymat. La loi continue à sanctionner le graffiti, considéré comme : « une destruction, dégradation ou une détérioration volontaire d’un bien appartenant à autrui ».
Ce milieu « underground » s’est développé dans les années 90 avec des artistes comme Obey aux Etats Unis, Blu en Italie, Akayism en Suède, etc. Et bien sûr Banksy en Angleterre. Banksy est un artiste emblématique dans le monde du graff. On le qualifie de révolutionnaire, activiste, agitateur social… Il a beaucoup fait parlé de lui dans le monde de l’art, notamment pour avoir accroché ses œuvres dans de nombreux musées. Aussi, Disneyland en Californie restera marqué par l’impressionnante installation de Banksy : une figurine gonflable d’un détenu de Guantanamo dans un des parcs.
Fidèle à son engagement, il s’est rendu en Palestine pour graffer sur le mur de séparation.
Pour continuer dans sa lancée, quand Banksy se met à créer un générique des Simpson, ça donne :
Banksy est le réalisateur du film Exit Through The Gift Shop, (Faîtes le mur en version française), sortie en décembre dernier.
Ce film est une immersion dans l’univers et les coulisses du street art. Il témoigne du talent, de la passion et de la détermination des artistes. Avec un travail de précision et d’organisation nécessaire pour prévenir des risques.
Au delà des images, une réflexion de fond sur l’éthique des graffeurs ressort. L’artiste est-il légitime seulement lorsqu’il est anonyme ? Pour être reconnu, le graff doit-il rester dans la rue ? La valeur marchande dénature-t-elle l’art ? Le graff, doit-il apparaître dans les galeries, les musées, chez les marchands d’art ?
Le film Faîtes le mur illustre cette crainte de la « récupération », mise en scène, ici, par Thierry Guetta, un français vivant à Los Angeles, qui se lance dans le street art sans éthique, sans âme…et va jusqu’à ouvrir sa propre galerie pour exposer et vendre une profusion d’œuvres vides de sens.
Une crainte…pour Banksy, lui-même ? Du fait de ses expos, de ses œuvres qui s’arrachent à des milliers, voire des millions d’euros dans les salles des ventes… Ou bien pour l’univers du street art en général ? Les musées ou les galeries restent élitistes. La rue, quant à elle, capte tous les regards. C’est dans cet esprit que vit le graffiti… Un art qui se pratique dans la rue pour être accessible à tous !
> Plus d’infos sur :
http://www.faiteslemur-lefilm.com/
http://www.banksy-art.com/banksy.html
http://www.blublu.org/
http://obeygiant.com/
> Pour aller plus loin :
téléchargez le dossier d’Eneko Gorri sur le Street Art : DOSSIER Street Art – Eneko Gorri
« En art, la révolte s’achève et se perpétue dans la vraie création,
non dans la critique ou le commentaire. »
Albert Camus
So et les membres de son collectif, Appellation d’Origine Non Contrôlée (AONC), arrivent avec une compilation très prochainement…
En découvrant le clip, nous sommes prévenus, ils arrivent et ça s’annonce prometteur !
So, artiste depuis plus de 10 ans (rap et chant) ne mâche pas ses mots. Elle nous transporte dans son univers engagé, où elle affirme ses opinions haut et fort. So nous explique : «AONC, c’est le côté revendicateur du rap, donc quand on n’est pas d’accord, on le dit !»
Pour cette MC, ce qu’il l’anime dans cet art, c’est le plaisir d’écrire, mais aussi d’utiliser sa plume en tant que moyen d’expression et surtout d’information. Elle commente : « Nous devons faire face à un problème d’information, les gens sont complètement désinformés, notamment sur des faits très graves, alors dans mes textes, j’explique ou je clarifie certaines situations. » Donc elle creuse pour y puiser l’information « brute » et non amplifiée ou erronée. Ce travail de recherche lui permet de donner du fond à ses écrits, pour y dénoncer les maux de la société en perçant des tabous. Du rap qui fait plaisir à écouter, où émanent de vraies valeurs !
« L’ombre de la ville », un son de la mixtape à venir le 29 avril 2011, avec 3 membres du collectif : L’archer, Akilla et So, sur une production d’Akilla.
Voici ce qui arrive ! Un premier CD qui réunit différents styles, autour d’idées communes : solidarité, unité, amour, générosité… Un concert aura lieu pour la sortie de la compilation.
Le collectif AONC, en concert à la Rock School Barbey à Bordeaux, a invité d’autres artistes pour partager ce moment privilégié de 180 minutes chrono. Le principe, pour les 15 groupes qui se relaieront sur la scène, est d’assurer un show de 10 minutes. Les performances seront chronométrées par un arbitre.
Soyez vous aussi dans les « starting block » pour vendredi prochain à 20h30 !
« Avec l’actualité politique et internationale qui va en s’empirant, j’éprouve le besoin d’y dénoncer les injustices.
J’y laisse un message de paix car à mon avis, c’est la clé ! »
So, artiste du collectif AONC
Un extrait du show mémorable de DJ PREMIER, lors de son passage au Confort Moderne de Poitiers, le 29 mars dernier.
DJ PREMIER, à 45 ans, reste une figure emblématique du milieu Hip Hop. Il a travaillé avec les plus grands noms du Rap Américain (Mobb Deep, Nas, Notorious B.I.G, KRS One, M.O.P, Mos Def, Kayne West et bien d’autres encore.). Ses productions…des classiques !
Quoi de mieux, pour prendre la température du concert, que de recueillir les impressions du public ?
«Je ne réalise pas encore… Vivre un show de DJ Premier, j’en rêvais ! Pour moi, il représente l’incarnation du Hip Hop. Les artistes, qui à mes yeux sont des légendes du Rap, ont sorti des classiques grâce à lui. Puis Nick Javas a été sensationnel… Comme tous les artistes choisis par Primo : un bon esprit, une bonne performance ! Ce soir, j’ai eu l’impression d’assister à un cours de Hip Hop !» Un passionné
« Une ambiance de folie ! Je ne connaissais pas bien ce DJ avant le concert… Il est vraiment doué ! Je remarque que c’est une référence Hip Hop. J’ai adoré la prestation de Nick Javas…une belle découverte !» Marion
« Très bon concert, ça m’a fait plaisir d’écouter les classiques de Primo. Je kiffe ses sons, je rappais sur ses instrus il y a quelques années. Et Nick Javas, un très bon MC. Alors quand on écoute ça, en direct, et joué par le chef d’orchestre, ici-même, c’est mortel !» RES
«GE-NI-AL !! Soirée très physique, impossible de rester de marbre ! DJ premier est un des pionniers du Hip Hop et ses sons traversent le temps. J’ai adoré partager ce moment avec mes amis. Vous vous rendez compte ? «El padre» de 45 ans nous a fait un show de 2h !» Vanesha
DJ PREMIER, accompagné de Nick Javas, a assuré un show exceptionnel. Tous deux ont fait l’unanimité, autant pour les connaisseurs que pour les novices. La preuve que le Hip Hop séduit !
DJ PREMIER continue sa tournée en France. Il sera le 8 avril à Mulhouse, le 9 avril à Besançon et le 10 avril à Lyon. Avis aux amateurs…
> http://www.myspace.com/djpremier
« DJ PREMIER est l’incarnation du Hip Hop.
L’un des plus grands auteurs de l’Histoire du Rap !
Quant à la suite du livre, elle reste encore à écrire… »
Un passionné
Avec des matériaux de récupération, du graffiti et des habitants, on obtient une dose créative qui mêle l’art à la mémoire d’un quartier…
Le centre d’animation Cap Léo à Mérignac réalise chaque année une œuvre collective. A l’été 2010, le graff était au cœur du projet. Suite à la démolition d’une résidence, ils ont récupéré les portes des appartements…pour en faire des œuvres d’art ! Dock, un graffeur du quartier, a initié les jeunes du centre à manier des bombes de peinture pour redonner vie à ces portes.
L’objectif, sensibiliser les jeunes et la population pour que l’art du graffiti soit considéré à sa juste valeur. Marijo Manzano, médiatrice sociale et culturelle, à l’initiative de ce projet, souhaite montrer que « cet art de qualité » est un moyen d’expression, qui peut permettre de donner du sens à la mémoire d’un quartier.
Pour valoriser le travail des jeunes et promouvoir cette pratique artistique auprès d’un large public, ils continuent à faire découvrir leurs œuvres dans différents lieux de la ville. Prochaine exposition : la piscine !
Une démarche insolite qui contribue à révéler la créativité débordante de la culture Hip Hop.
« L’art est à la portée de tous.
Il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que la ville est un musée. »
Marijo Manzano, médiatrice sociale et culturelle.
JR, aux quatre coins de la planète, détourne le regard des passants par des images démesurées et engageantes. Il mêle l’art à l’action de façon inédite.
Un projet débordant d’humanité
Pour ceux qui ne connaissent pas encore le talentueux photographe français JR. Sa renommée a pris de l’ampleur en janvier dernier, grâce à la diffusion du film qu’il a réalisé : Women are heroes.
Ce film retrace le travail de JR, qui incognito, transforme l’espace public en galerie d’art, par d’immenses portraits de femmes Brésiliennes, Indiennes, Kényanes et Cambodgiennes. Un message d’espoir qui salue la dignité, le courage et la générosité de ces femmes au lourd vécu. Là où les médias ne relatent que des situations dramatiques, JR nous dévoile une vision féminine et humaine du quotidien.
Plus récemment, il obtient le prix TED 2011 (Technology Entertainment Design). Après Bill Clinton ou Bono, il est le premier français à recevoir cette récompense. 100 000 dollars lui sont attribués afin de réaliser un « souhait pour changer le monde ».
Un artiviste
Graffeur à ses débuts, JR évolue vers la photographie et partage son travail dans la rue sans autorisation. Pour chacun de ses projets, il n’y apporte aucune explication et laisse le passant se faire sa propre interprétation. L’objectif vise à se poser des questions. En 2004, il photographie des jeunes de Clichy-sous-Bois et affiche leur portrait dans les quartiers riches de la capitale.
En 2007, il va plus loin avec « Face 2 Face » où il réunit et photographie des Israéliens et des Palestiniens exerçant le même métier. Les portraits sont placardés, par pair, en grand format, de chaque côté du mur de séparation.
Avec de nombreux projets à son actif, JR adapte ses supports au contexte local. Au Kenya, par exemple, l’impression des images s’est faîte sur des bâches pour servir de toits imperméables dans les bidonvilles.
Son art s’infiltre pour habiller des quartiers, transformer les habitants en acteurs et générer du lien social.
L’impact de l’image
Aujourd’hui, l’individualisme prime et l’immédiateté règne dans cette société de l’hyperconsommation, que le philosophe Gilles Lipovetsky qualifie d’hypermoderne. Ce qui se reflète par cette profusion d’images publicitaires qui tapisse nos rues. En revanche, JR, par ces images placardées dans l’espace public, montre aux passants une autre facette de la société, qui justement n’est pas transmise par l’image de masse. Rassembler des populations, favoriser l’information sur des régions très peu connues, susciter une prise de conscience sur le monde qui nous entoure, dépasser tous les préjugés possibles, tel est l’impact artistique de JR. Il réussit à rendre familier, ce qui paraît étrange… Rendre étrange, ce qui paraît familier… A méditer !
>> Pour plus d’infos : www.jr-art.net
>> Pour aller plus loin : www.monde-diplomatique.fr/2009/08/SCARPETTA/17692
L’image placardée, Pierre Fresnault–Deruelle
Les temps hypermodernes, Gilles Lipovetsky