Salvador Dali

Salvador Dali (1927)

« Je peins des tableaux qui me font mourir de joie, je crée avec un naturel absolu…

Lire la Suite...
Publicités

Hip Hop Psychology

« Par le biais du Hip Hop, on veut repousser les limites de la science et de l’art pour qu’elles se mélangent…»

Debansghu, fondateur du collectif Hip Hop Psychology (New York)

Les On Off en action

On Off Factory
Hip Open est passé à la dernière expo des On Off et a souhaité vous faire partager l’univers de ce crew que l’on suit et que l’on apprécie pour la qualité de son travail, son style et la complémentarité des artistes qui forment ce collectif…

Lire la Suite...

Expo photos « Equilibre »

Et si Valentin Campagnie vous offrait à nouveau l’occasion d’apprécier sa série de photographies « Equilibre »…

Et si ce jeune photographe talentueux vous invitait au Vinôme, un bar à vins assez exceptionnel pour faire office de galerie d’art…

Et si cet artiste vous proposait pour le vernissage de son expo, un moment en musique avec KOOL A & RAMY, sans oublier DJ Saï Saï aux platines…

 

Et si vous saviez que le vernissage avait lieu ce vendredi 15 mars à partir de 17h…

Que feriez-vous ?

 

Affiche de l'expo "Equilibre"

Hip Open, partenaire de l’exposition « Equilibre »

>> Plus d’infos sur :

L’article Hip Open sur Valentin Campagnie + sa page web
Page de Kool A
Page de Ramy
Page de DJ Saï Saï

NJ

L’exposition One Shot

Hip Open présent à la Russian TeaRoom Gallery, en tant que partenaire de l’exposition One Shot, tout en étant en charge de la communication et des relations médias de l’événement vous fait partager les bonnes vibrations de la soirée et l’énergie positive qui y régnait…

L’exposition de peinture de Sly2, Kat et Onsept a eu un grand succès : une galerie bondée, un public impressionné par les toiles et des artistes sans arrêt félicités !

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

Pour ces trois artistes, ce fut une première d’exposer ensemble. Le constat : trois styles bien distincts qui ont fait preuve de complémentarité pour cette exposition en commun, sans faire de différence sur la qualité. On retiendra le sens de la précision et la touche d’humour décalé d’Onsept, la spontanéité de la peinture de Sly2 et ses couleurs explosives, ainsi que la maîtrise de la bombe et l’effet de pointillisme de Kat.

Les visiteurs, amateurs d’art, passionnés de Graffiti, artistes, photographes, journalistes, curieux sont venus en nombre et n’ont pas hésité à nous donner leurs avis. En voici quelques-uns…

« Très belle expo où l’art se mêle à la poésie avec la profondeur et les couleurs de Sly2, ainsi que l’humour, la pertinence et la justesse du détail d’Onsept. J’ai également apprécié les toiles de Kat qui sont encore très différentes des deux autres. Pour moi, le travail avec la matière, la peinture ou l’encre offre une authenticité unique. Big up à tous les trois ! » V.

« Tout simplement génial ! On voit qu’il y a un énorme travail qui a été fait, c’est impressionnant. » S.

« Une bonne expo, des artistes abordables… Kat : des effets de dingue et uniquement à la bombe… Onsept : des détails impressionnants. Sly2 : le lâché des couleurs ! » M.

« Onsept m’a fait oublier tout le reste par sa technique et son univers décalé ! » B.

« C’était une expo de qualité, je suis content d’être venu ! Et pourtant je ne dis pas ça souvent… » K.

« Une expo agréable à découvrir, trois styles complétement différents dont le mélange est harmonieux. Pour moi, c’est un événement bien organisé, le public présent était diversifié et plutôt ouvert donc il était facile de discuter et d’échanger nos impressions avec d’autres personnes. Une bonne ambiance ! J’ai trouvé le concept de la soirée éphémère très bien. Je pense que ça a été un vrai succès pour les artistes. » S.

L’exposition One Shot terminée, ces trois artistes pleins de créativité travaillent déjà sur d’autres projets…

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

 

Kat, débordante d’énergie et d’idées, poursuit ses projets individuels liés à la peinture et prépare de nouvelles séries, notamment sur de nouveaux sujets (certaines icônes des années 1940 à 1960). Elle travaille aussi sur des projets de sérigraphies avec son collectif Détraké et continue son activité d’architecte en parallèle.

Photo : Sylvain Mathieu

 

 

 

 

Onsept, lui, exposera à la Favela Chic, bar dans le 11ème arrondissement de Paris, lors d’une soirée pour Halloween, le 31 octobre, avec The Coolege aux platines. Vous pourrez voir ou revoir certaines toiles de l’exposition One Shot et de ses séries précédentes. Onsept prépare également un voyage de 9 mois en Asie, dont le départ est prévu pour novembre, où il profitera de la découverte du territoire pour développer un projet artistique et rencontrer d’autres artistes.

Photo : Hervé PHOTOGRAFF

 

 

Pour Sly2, du 29 au 31 octobre, des ateliers et performances en collaboration avec le conteur burkinabé KPG sont prévus dans un centre psychiatrique. Du 1er au 6 novembre, il sera en résidence avec la compagnie de danse Hip Hop Nomade pour réaliser un décor et filmer leur spectacle Connexion. Pour janvier, il prépare une exposition à la galerie La Friche, dans le quartier de Belleville à Paris. D’autres rendez-vous seront à prévoir aussi surprenants les uns que les autres…

 

Ce fut un plaisir d’avoir fait équipe avec eux… En plus de leur talent, Sly2, Kat et Onsept ont un bon état d’esprit, des qualités humaines et une humilité à saluer !

>> Plus d’infos sur :

–  le site web de SLY2
–  le site web de Onsept
–  la page web de Kat
le site web de l’exposition One Shot

NJ

TIZER FROM LONDON

La série d’interviews de graffeurs réalisée lors du Meeting Of Styles France 2012 s’achève par celle-ci… Un échange intéressant avec Tizer !

Présentation…

Mon nom est Tizer One, je fais partie du ID crew de Londres, et j’ai commencé le Graffiti en 1988.

Peux-tu définir ton style ?

Détraqué ! (rires)
Je fais des personnages et des lettres. J’adore faire des lettrages imposants et improviser autour. J’essaye toujours de peindre des choses différentes mais on peut toujours reconnaitre mon style.

Pourquoi le Graffiti ?

A vrai dire, ce qui nous a poussé, mon frère et moi, à nous lancer dans le Graffiti, c’était l’idée de pouvoir faire partie de la culture Hip Hop ! J’étais dyslexique donc j’ai toujours eu du mal à retenir les rimes (rires) et le beatboxing n’était pas à la mode donc je me suis tourné vers le Graffiti. C’était fait pour moi ! Et ça nous rendait cools…

La musique est un art très puissant qui peut toucher beaucoup de monde. Quant au Graffiti, comme c’est un art visuel, ses messages sont peut-être plus directs, plus forts… Le Graffiti peut aller à l’encontre du gouvernement, si par exemple quelqu’un écrit un slogan contre les institutions. Mais d’un autre côté, comme c’est visuel, ils peuvent s’en débarrasser.  Quand ils disent « on nettoie les graffitis », ça leur donne l’impression de faire quelque chose, mais quand il faut s’occuper des pauvres ou des fous c’est autre chose…

Le Graffiti est de plus en plus accepté par les institutions, qu’est-ce que tu en penses ?

Oui et non. Je pense que maintenant le public peut voir davantage de Graffitis, surtout grâce à internet et c’est une bonne chose. Mais d’un autre côté, je regrette les intérêts financiers qu’il y a derrière… Certains artistes font beaucoup d’argent avec leur art alors qu’avant personne ne s’y intéressait. Maintenant des gens sont prêts à payer pour avoir des Graffitis et comme tout le reste, le Graff devient un produit à vendre.

C’est bien que les institutions prennent les choses sérieusement mais il faut aussi rappeler que le gouvernement continue à mettre des jeunes en prison pour des « crimes » non violents, des Graffitis. C’est complètement fou !  Donc, tu vois, ça dépend… A Londres, il y a quand même des jeunes incarcérés dans des prisons de haute sécurité pour avoir fait du Graffiti !  Donc le gouvernement doit encore beaucoup évoluer à ce sujet. Mais c’est vrai que le grand public, jeunes et vieux, apprécie davantage le Graff.

Est-ce que tu vis de ton travail ?

Oui, c’est mon job. Il y a 10 ans, j’ai été viré d’un emploi. Suite à cela, j’ai décidé de ne plus faire de job pourri donc j’ai voulu être payé en tant qu’artiste Graffiti. Cela n’a pas toujours été facile. J’ai dû m’adapter aux demandes des clients, ils te demandent « tu peux peindre une jungle ? ». Toi, tu penses que tu ne peux pas mais tu dis oui ! Alors tu deviens autodidacte, tu apprends à faire des choses que tu ne pensais pas pouvoir faire, tu apprends de nouvelles techniques. C’est bien de travailler pour soi et pas pour quelqu’un d’autre. Je suis conscient que j’ai beaucoup de chances de vivre de mon travail, de faire ce que j’aime.

Qu’est-ce qui t’a amené à la culture hip hop ?

J’ai commencé à écouter des sons Hip Hop en 1984 et je me suis mis à acheter des vinyles en 86. Avant j’écoutais du Punk, du Ska et du Reggae mais à cette période, le Punk anglais a commencé à mourir. La culture Hip Hop a repris ce rôle revendicateur, un peu politique. Et j’ai vraiment accroché ! Je pense que c’est important de rester dans cette dynamique, même si parfois c’est bien de pouvoir écouter de la musique festive.

Est-ce que tu y vois d’autres liens ?

Bien sûr, les toasters dans les années 1940 faisaient des battles et se moquaient les uns des autres. La musique jamaïcaine utilisée par ces mecs est devenue du Ska, il y a des influences des Caraïbes, de partout… Et je pense qu’il y a un lien et un équilibre entre le Punk et le Rap. Puis si l’on prend le Punk ou le Ska à la fin des années 70 et le Hip Hop britannique à son origine, on peut vraiment faire le parallèle. On retrouve les mêmes influences et la même force underground.

Et qu’est-ce que la culture Hip Hop t’a apporté dans la vie ?

J’ai appris à m’amuser et à danser ! (rires)
J’ai adoré la musique parce qu’elle signifiait quelque chose pour moi. A la fin des années 80, les gens étaient « pro-black » donc j’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire des noirs américains, sur la façon dont les gens pensent dans d’autres pays. Par le Graffiti, j’ai aussi appris l’histoire de l’art : la typographie, la perspective, le dessin de personnages, le placement des couleurs… A mon tour, j’essaie d’apprendre aux jeunes le Graffiti et l’histoire de l’art.

Quelques mots sur le Meeting Of Styles ?

Je voudrais remercier les organisateurs du MOS France, ils se sont bien occupés de moi, c’était cool… Le MOS, c’était incroyable ! Il y a une vraie qualité artistique. Même les jeunes du coin ont fait de très belles pièces. Il y a une très bonne ambiance, de la bonne musique, de très bons B-boys et B-girls et des Graffitis hallucinants. C’est génial de rencontrer des gens de tous horizons, de différents pays. La communauté des graffeurs est assez petite, même dans les grandes villes donc c’est bien de se retrouver en personnes pour partager des expériences similaires. On peut parler, se connaître et se soutenir. Surtout pour les gens qui voyagent beaucoup, on se sent plus fort.

Quels sont tes prochains projets ?

Je vais en Hongrie dans quelques semaines, pour un petit festival. Je vais peindre là bas, ça va être cool. Je dois aussi aller à Amsterdam, je n’y suis jamais allé donc j’ai hâte !

>> Retrouvez Tizer sur Flickr

Interview : NJ
Traduction : Charlotte Prieu
http://whatchasees.blogspot.fr
+ Romain Vivant

Rencontres mexicaines : Gerso et Ecks

A l’occasion du Meeting Of Styles France qui s’est déroulé à Perpignan en juillet dernier, Hip Open a rencontré deux graffeurs mexicains, Gerso et Ecks.

Commençons par une présentation…

G : Je suis Gerso et je graffe depuis 10 ans.

E : Je suis Ecks. Je peins depuis environ 6 ans.

Pouvez-vous me parler de votre style ?

G : Mon travail est basé sur le lettrage. Dernièrement, j’ai commencé à faire d’autres choses mais au final je reviens toujours au lettrage.  Ce que je dessine… Ce n’est pas vraiment des personnages, pas vraiment du réalisme, c’est encore autre chose…

E : En ce moment, j’essaie de créer mon propre style. Depuis que j’ai commencé, j’ai travaillé sur plusieurs choses : j’ai fait des personnages, du réalisme, des lettres, du flop. Maintenant, je mixe tout ce que j’ai appris pour commencer à développer mon propre style.

Quelle est la différence entre le Graffiti au Mexique et le Graffiti en France ?

E : Le Graffiti mexicain est assez difficile à différencier car il y a beaucoup de réseaux différents, beaucoup de writers différents. Avant, on aurait pu dire qu’il y avait une différence entre le Graffiti mexicain, américain, sud-américain, français… Mais maintenant c’est difficile à dire… Même s’il y a certains procédés que l’on reconnaît par la nationalité. Par exemple, au Mexique et au Chili, on utilise énormément de peinture au latex que l’on mélange avec du plâtre. Je pense que ce sont des techniques plutôt latino-américaines. Après je ne peux pas vraiment comparer avec celles de la France car je ne les connais pas beaucoup.

G : Aujourd’hui, nous sommes très influencés par ce que l’on voit sur internet. Et il est fort possible que les choses arrivent simultanément dans différents endroits du monde. Si par exemple, j’ai l’idée de réaliser une pièce uniquement avec des petits carrés, il est probable que quelqu’un en France ait la même idée. Donc je ne vois pas trop quelle différence il y aurait. C’est juste que dans nos travaux, parfois on se rejoint sur certaines choses puis on se sépare sur d’autres.

E : Il pourrait y avoir aussi une différence culturelle. Par exemple au Mexique, on peut peindre beaucoup de choses préhispaniques, des choses très mexicaines… Alors on pourrait dire qu’il y a une différence entre le Graffiti sud-américain et le Graffiti européen…qu’en Amérique du Sud, on peint beaucoup de choses préhispaniques…


G : … et qu’en Europe, on peint des choses européennes. Par exemple, j’ai vu ici quelqu’un peindre dans le style art déco, dans ce courant pictural, c’était vraiment très bon. C’était drôle car je n’avais jamais vu quelque chose de similaire ici, en Europe. C’est comme si cette personne essayait de sauver un peu son passé.

Quel est votre point de vue sur le Meeting Of Style en France ?

G : On en avait tellement entendu parler par Kanos et Astro qu’on pouvait déjà s’imaginer comment c’était. Mais lorsque tu le vis, tu le trouves vraiment plaisant. Tu rencontres des gens d’un peu partout. A tes côtés, il y a un graffeur espagnol, un graffeur italien… C’est le genre de choses qui n’arrivent jamais au Mexique et si ça arrive, je pense que ça ne serait pas pareil.

E : Ici, il y a une volonté d’unification. Par exemple, même si tu ne connais pas la personne à coté de toi, même si tu ne parles pas la même langue et que vous n’avez pas le même style, vous essayez néanmoins de vous associer. On nous a remis les mêmes couleurs, tu mélanges ton style avec celui du voisin pour arriver à une unification et une continuité. J’ai beaucoup apprécié, c’était vraiment agréable.

Dans quels pays, avez-vous voyagé grâce au Graffiti ?

E : Déjà, j’ai voyagé au Mexique puis en Colombie, en Equateur et maintenant en France. J’espère aller bientôt au Chili. Tu ne t’imagines pas que le Graffiti va te faire sortir du pays mais c’est bien car cela te donne un peu plus de force pour continuer à peindre.

G : Il y a quelques années, je suis allé en France. L’année dernière, je suis allé au Guatemala à un événement de Graffiti organisé par l’ONU. Que l’ONU soit à l’initiative de faire venir un étranger, à savoir un Graffeur du Mexique vers le Guatemala, c’était un grand pas, un pas de géant.

Qu’est ce que vos voyages vous ont permis de découvrir ?

 G : Me découvrir… A chaque voyage, tout le monde me secoue en me prenant dans ses bras. Mon premier voyage en Europe fut en France et j’y ai rencontré Milouz, Papy et j’ai vu le style de vie qu’ils avaient. En revenant au Mexique, je me suis rendu compte que je voulais vivre quelque chose de similaire. A un moment, je n’avais plus envie de peindre mais en venant en France, en restant quelques jours avec eux, cela m’a donné de la force et j’ai eu envie de continuer. La deuxième fois que je suis venu, j’ai connu Astro et Kanos et cela a été encore plus fort. A chacune de mes sorties du pays, c’est comme un apprentissage. Je reviens chez moi encore plus motivé et cela m’aide à me connaître et à grandir en tant que personne.

E : J’ai voyagé aussi grâce à des rencontres. Mon voyage en Colombie fut très joli. J’y suis allé grâce à un colombien que j’ai rencontré au Mexique. Il m’a invité et ça c’est très bien passé. Ici, c’est très différent qu’en Amérique du Sud car on n’a pas les mêmes points de vue, beaucoup de choses sont différentes comme les personnes, les modes de vie. Tu découvres en rentrant que tu as une autre mentalité. 

Quel est votre rapport à la culture Hip Hop ?

G : On pourrait penser que peindre t’amène à la culture Hip Hop mais pas vraiment en fait. Oui le Graffiti et le Hip Hop vont de pairs mais ce n’est pas pour autant que je me sens impliqué dans la culture Hip Hop. Mais j’en écoute et j’aime ça.

E : Quand j’ai commencé à peindre mes amis n’écoutaient pas vraiment de rap. Et depuis que j’ai voyagé de par le monde, je sais que le Graffiti et le Hip Hop sont comme frères. Mais moi quand j’ai commencé à peindre, ce n’était pas lié au rap, ni au Hip Hop. En voyageant, par exemple en Colombie, j’ai constaté que mes amis graffeurs pratiquaient deux disciplines du Hip Hop, le Graff et le Rap. C’est un style qui me plait mais pas plus que ça.

 Quels sont vos projets ?

G : J’ai envie de peindre des toiles, de voyager au Brésil, au MOS et en Argentine, le dernier est très probable. J’ai envie d’organiser un événement au Mexique appelé « El tiempo de un color » (Le temps d’une couleur) et le consolider comme étant une réunion de personnes des pays d’Amérique centrale.


E : Prochainement, aller au Chili pour un événement qu’organise une amie chilienne. Mais ce qui m’intéresse le plus là, ce sont mes résultats à un concours à l’Université pour faire des études d’arts plastiques. J’ai hâte d’avoir les résultats pour savoir si je vais pouvoir entreprendre ces études, c’est ça qui m’importe le plus avant même de voyager.
(ndlr : Aujourd’hui, nous savons que Ecks a été reçu à l’Université pour ces études d’arts plastiques.)

Avez-vous des projets ensemble ?

G : Ensemble ? Non (rires).

E : Le MOS est un projet que nous faisons ensemble. Ça fait quatre mois qu’on le projetait avec des « ah j’ai un contact là », « ah moi j’en ai un autre là »… C’est grâce à ça que nous sommes ici.

G : Ce projet va peut-être nous amener à quelque chose… Mais pas seulement entre nous deux mais peut-être aussi avec d’autres graffeurs car au Mexique, ils parlent de nous : « Ils sont au MOS !!! », c’est quelque chose d’impensable…


E : Au Mexique, les graffeurs sortent peu du pays, et ceux sont toujours les mêmes (quatre ou cinq) qui sortent. Mais quand un autre sort, ça devient déjà autre chose. Ce qui est bien c’est que d’autres bons graffeurs mexicains pourront également sortir du pays car ils le méritent aussi.

G : Moi ça ne m’importe pas spécialement pour ceux qui peignent en ce moment mais pour ceux qui commencent à peindre maintenant, parce que ce sont eux qui vont donner un réel élan au pays.

Interview : NJ
Traduction : Alexandra Miranda Larrahona
http://streetinterviews.blogspot.fr

+ Participation Pierre Almendares

 

La censure dans une démocratie…réalité ou fiction ?

Inutile de préciser que le titre est ironique et qu’il prend sens avec la réflexion soulevée dans les lignes qui suivent…

Revenons sur le 15 septembre dernier… Le procès qui a opposé le chroniqueur et éditorialiste du Figaro, Eric Zemmour au rappeur Youssoupha. Plainte déposée en 2009 pour « menace de mort et injures publiques » à l’encontre du MC, au sujet des paroles du morceau « A force de le dire ».


Les paroles en question :
« A force de juger nos gueules les gens le savent / Qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards / Chaque fois que ça pète on dit qu’c’est nous / J’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Eric Zemmour. »

Youssoupha, artiste incontournable du Rap français

Ses textes censés et percutants font de lui un artiste très apprécié de la scène Rap en France. Qualifié dans le milieu du Hip Hop comme « l’un des meilleurs rappeurs de l’hexagone », il se distingue par sa plume aiguisée de punchlines conscientes.

Youssoupha, un nom qui résonne dans les médias nationaux… Non pas pour la qualité de son travail artistique, pour son talent, mais pour être désigné comme « le rappeur qui veut tuer Eric Zemmour  ».

Ce n’est pas le premier à passer devant les tribunaux  et pointé du doigt par les médias pour une chanson incriminée. Au contraire la liste est longue : NTM, Sniper, Monsieur R, Hamé du groupe La Rumeur, ainsi que la polémique autour de certains rappeurs comme Orelsan, Saîdou Zep, etc.

Son titre « Menace de mort » nous le rappelle…


Flashback sur la censure

Au travers des siècles, les artistes ont été censurés. De l’Antiquité grecque, avec l’exemple de Homère, à la Renaissance contre de nombreux peintres : Michel-Ange, Botticelli, Manet, Goya, Delacroix, Modigliani…

>> Goya

Puis une autre forme de censure plus violente s’est développée : l’autodafé. De l’Inquisition au régime nazi et franquiste, une multitude de livres ont été brûlés, notamment de Freud, Marx, Rousseau, Voltaire…

Bien avant les rappeurs, les écrivains, les poètes ont vécu de forts préjudices : Baudelaire, condamné pour la publication des Fleurs du Mal pour « outrage à la morale publique et religieuse », sous le Second Empire, dirigé par Napoléon III. A cette même époque, il en est de même pour Victor Hugo, censuré et exilé.

Les artistes les plus contestés de leur époque bénéficient souvent d’une forte notoriété et reconnaissance pour leur art, plus tard, trop tard… Des génies trop avancés par rapport à leur temps ? Quoi qu’il en soit, des provocations condamnées. Et pourtant n’est-ce pas le rôle de l’art de s’exprimer, de critiquer, de déranger, de pousser à la réflexion, de faire réagir  et de prendre position ? Rare de voir la créativité se révéler dans le conformisme…

Et la liberté dans tout ça ?

Les libertés de création et d’expression sont fondamentales. Pour tout censeur, il ne faut pas confondre la fiction de l’œuvre et la réalité qui serait celle de l’artiste. Si certains rappeurs se font passer pour des gangsters dans leurs textes, ce n’est pas à prendre au pied de la lettre ! Il s’agit de la mise en scène d’un personnage, comme il est d’usage de le voir apparaître au cinéma.

Pour comprendre davantage l’univers artistique du Rap, il est essentiel de se référer à son Histoire. Le Rap est issu de la culture Afro-américaine. Les violences qui régnaient dans les ghettos sont, en partie, à l’origine de cette forme d’expression revendicatrice et contestataire. D’où l’inspiration des artistes actuels qui y fait toujours écho. Cependant, le travail de la distance poétique et de la métaphore n’est pas considéré à sa juste valeur, tout comme l’ironie reste peu comprise. Beaucoup trop de gens s’arrêtent sur ce qu’ils appellent « réalisme » ou « crudité » des paroles sans en saisir les codes et plus largement l’imaginaire de cet art.

Et vous ?

Citoyens, artistes, militants, vous sentez-vous réellement libres, aujourd’hui ? Le commentaire ou la critique ne sont-ils pas limités ? La diffusion des œuvres, la représentation des artistes ne sont-elles pas confrontées à des obstacles ? Certains milieux culturels sont-ils davantage ciblés sur le champ de la censure ? A quel titre et sur quels critères, peut-on interdire, peut-on censurer une œuvre d’art ?

A méditer ! Et attendons le verdict du procès de l’auteur et interprète Youssoupha le 26 octobre prochain.

>> Aller plus loin

Sur le net : http://www.youssoupha.com/

Dans la lecture :

La création est-elle libre ? de Agnès Tricoire

Le Rap une esthétique hors la loi de Christian Béthune

Voir l'article entier

« L’art du Graffiti a la capacité de rendre le banal exceptionnel ! »

Rensone