RES : MC et graffeur

On remonte le temps pour revenir au concert de RES du 15 septembre à Poitiers où nous l’avons interviewé…

Qui est RES ?

A la base, RES, c’est mon nom de Graffiti artiste. J’ai commencé il y a une douzaine d’années et j’ai pris ce pseudo pour l’esthétique des lettres. J’ai commencé le Rap trois ans plus tard et j’ai décidé de garder ce blaze.

Sinon, je viens d’Angoulême et je vis à Poitiers depuis six ans.

Côté Graffiti, quel est ton style ? Tes crews ?

Maintenant je fais du wildstyle, du lettrage en 2D. Avant je faisais beaucoup de 3D mais ça prend beaucoup plus de temps… A l’époque, j’étais patient maintenant je le suis moins. Mais je me fais toujours plaisir !  Mon crew, c’est 3PP ! Et il y a MGC aussi (La Rochelle) mais je les vois beaucoup moins.

Est-ce que tu consacres plus de temps au Rap ou au Graffiti ?

A l’heure actuelle, je consacre plus de temps au Rap. C’était l’inverse il y a quelques années… Je pratique beaucoup moins le Graff pour moi-même ces derniers temps parce que le Rap me prend beaucoup de temps. Mais je fais des ateliers de Graff avec des gamins donc je pratique toujours.

Aujourd’hui, c’est le Rap qui m’intéresse le plus à développer.

Où puises-tu ton inspiration pour écrire : des lectures, des films peut-être ?

C’est assez vaste parce que je suis éclectique dans mon rap. J’aime bien toucher un peu à tout, que ce soit de l’égotrip, des thématiques à caractère engagé, ou mélancolique ou autre. Donc mes sources d’inspiration varient selon les thèmes. Je fonctionne beaucoup à l’instinct aussi.

J’ai eu des périodes où j’ai vu pas mal de reportages, notamment Earthling dont j’ai fait un morceau du même nom. D’ailleurs, dans cette chanson, je fais référence à Georges Orwell à propos de La ferme des animaux qu’il a écrit. Donc oui les documentaires et les livres peuvent m’inspirer mais cela se fait surtout au cas par cas. Je peux aussi m’inspirer de ce que je vois tout simplement de mes yeux, dans la vie.

Pour moi, je trouve nécessaire d’allier le fond et la forme dans un son comme Earthling
pour que le message soit davantage écouté.

En assistant à ton live, on voit que tu as voulu mettre en avant le Graffiti aussi, n’est-ce pas ?

Ce premier show était le rendu du travail accompli en résidence. Au lieu de faire un simple concert, je voulais plutôt faire une soirée Hip Hop, en représentant les différentes disciplines. J’avais envie d’organiser un événement qui me ressemble, d’inviter d’autres artistes, comme mon pote DJ Eko qui se remettait au live scratch, les danseurs de la compagnie Cortex ou encore les rappeurs du groupe Le Komplot. La démarche était de se faire plaisir et de faire partager cette énergie au public.

Pourquoi la série « Coup de griffes » ? 

Alors mon album à venir s’appellera « Caractère animal » parce que dans mon univers, il y a pas mal de sujets qui tournent autour des animaux, que ce soit engagé comme j’ai pu faire avec Earthling ou justement des délires comme les « Coups de griffes »…

Du coup, je me retrouve bien dans ce délire animal et ça se voit dans mon logo… Il y a le côté énergique et assez puissant du flow, représenté par le grizzly. Après il y a aussi un côté plus réfléchi, plus engagé avec l’arbre au milieu qui en est une symbolique, ainsi qu’avec l’oiseau qui part derrière. Je trouve qu’au niveau des animaux, on retrouve beaucoup de ces valeurs donc je suis allé naturellement vers cet univers là.

C’est aussi parce que je kiffe les animaux et visuellement ça me parle toujours. En tant que graffeur, à chaque fois que j’aborde un sujet, je vois aussi le visuel… Avec mes potes, notamment avec Sly2, on imagine tout de suite quelque chose, comme une fresque à caractère animal…

Et qu’est ce que tu veux transmettre ?

Je suis pas mal axé sur le côté flow et justement, ça correspond au côté animal, par l’agressivité, etc. Après autant je vais essayer de faire ressortir le côté technique sur certains titres, autant je vais essayer de toucher les gens sur certaines causes qui me tiennent à cœur. Je n’appartiens pas à une catégorie de rappeurs, j’aime faire plein de choses différentes. Et je veux faire ressentir des émotions différentes.

Qu’est-ce que les battles représentent pour toi ?

J’ai commencé les battles en 2007, d’abord en solo à Poitiers et à Bordeaux puis j’en ai fait aussi en duo avec Fleyo. Après j’ai participé à des battles en région parisienne, à Strasbourg, en Bretagne… C’était bien avant cette espèce de mode des battles qu’il y a depuis ces deux dernières années. Moi, j’ai toujours fait ça par passion.

Après, il y a eu Rap Contenders qui est arrivé il y a deux ans. Le concept m’a plu tout de suite. A la base, je kiffais les impros sur beat. Le délire Rap Contenders c’est a capella avec des textes écrits mais ça me plaisait… Dès la première Draft que j’ai faite, j’ai kiffé ! Et l’avantage des RC est que tu gagnes une grande visibilité sur ton travail. Donc c’est mortel et l’événement prend de plus en plus de poids. Maintenant la moitié de la France qui écoute du Rap nous regarde donc il ne faut pas se louper.

Et bien sûr, il y a le End Of the Weak qui fait partie de mon parcours. Dès le début, j’ai vraiment kiffé. En plus, j’ai découvert par hasard et j’ai atterri sur les EOW Europe. Je me suis vraiment reconnu dans le délire Hip Hop, de l’impro, etc. Maintenant, ça fait deux ans que je suis lancé dans cette aventure. Je suis vice champion de France du End Of the Weak 2012. Pour l’année prochaine, j’ai vraiment envie de me donner à fond parce qu’avant tout c’est un plaisir et le titre de champion de France, je le veux ! Deuxième, c’est mortel mais tu restes deuxième…


Peux-tu nous parler de tes voyages que tu as fait par le biais du Hip Hop ?

J’ai fait une tournée d’un mois en Inde avec SlavefarmCrew, nous sommes allés dans sept villes. SlavefarmCrew, c’est un groupe mais c’est aussi une association sous le nom de « Ça sème Hip Hop ». En Inde, on faisait des ateliers pédagogiques et on terminait par un concert. C’était mortel ! On y a fait de superbes rencontres.

Qu’est ce qui t’a marqué le plus là-bas ?

Il y a plusieurs choses… A retranscrire comme ça, ce n’est pas évident mais je me rappelle d’une école à Madras où l’on a fait des ateliers Graff… En fait, il n’y avait pas de vrai système scolaire, ce sont des bénévoles qui ont monté l’école donc ils fonctionnent avec très peu, pour ne pas dire rien… Mais nous avons été très bien reçus. C’était formidable pour eux que des gens à la peau claire viennent partager un moment, un savoir avec eux ! C’est compliqué là-bas mais en gros, selon les castes, plus tu as la peau blanche, plus tu es respecté, plus tu trouves un travail facilement, etc. C’est complètement absurde bien sûr, mais c’est une réalité.

En tout cas, c’était une belle leçon de vie ! J’ai graffé dans les slums donc évidemment j’en garde de très bons souvenirs. Les gamins n’ont strictement rien mais ils ont passé la journée à nous offrir des trucs. C’était impressionnant ! Et pour eux, le fait que l’on vienne graffer dans leur slum, c’était incroyable.

Et quels sont les autres pays ?

 Je suis allé à Montréal pour peindre avec un ami de longue date : VILKS, avec qui j’ai commencé à graffer à l’époque.

Je suis aussi allé à New York pour le célèbre festival Rock the Bells où il y avait entre autres : Nas, Kanye West, Erykah Badu, Cypress Hill, Immortal Technique, le Wu Tang, Mobb Deep… C’était dingue ! En plus, c’était l’année où le festival a eu lieu à Governors Island, c’est l’île à côté de Staten Island. Alors on a pris le ferry avec environ 500 hip hopers, c’était un truc de ouf !


Quand est-ce qu’est prévue la sortie de ton album ?

Logiquement, l’album qui s’appellera « Caractère Animal » sortira en avril 2013, il y aura douze titres. Huit d’entre eux sont déjà prêts. Et je peux déjà annoncer qu’il y aura quatre featurings, un avec Pyroman, un autre avec Nubi Sale, un avec Kenyon et encore un avec Fleyo, Keurspi et Doc Brrown. Cet album sera entièrement produit par EXPROD.

Et quels sont tes projets à venir ?

Pour le moment, c’est le live. Et c’est ce qui me tient à cœur. Je veux vraiment donner le meilleur de moi-même sur scène. J’ai vraiment envie de transmettre une bonne énergie en concert, que le public transpire, kiffe à fond et en ressorte satisfait. C’est très important pour moi et j’y consacre pas mal de temps.

Bien sûr, dans mes projets de cette année, je vise la place du Champion de France du End Of the Weak ! Et je vise également le Buzz Booster car c’est un super tremplin.

Ton mot de la fin ?

Tout simplement que pour moi, RES, ce n’est pas seulement un MC mais une équipe. Ce sont avant tout des amis qui m’épaulent et contribuent au bon développement de mon artistique. Je pense à FADY qui fait entre autres tous les mix et les réalisations des sons, EX-PROD et ATIS deux beatmakers talentueux avec qui je travaille. SLYTWO qui fait tout ce qui est visuels, photos, body-paint, etc. MARIE et l’équipe de SWAP qui s’occupent de ma diffusion. Mr ABD & KEUGREA, MADI , NICO & JB (TRACKFILM) qui font l’ensemble de mes vidéos.

Et bien sûr, mon équipe live : WANA & DJ KRONIK qui m’accompagnent sur scène, DAVID qui est l’ingé-light et FLO l’ingé-son.

Pour finir : Big Up à tous ceux avec qui j’ai partagé un peu de ma passion qui est cette merveilleuse culture Hip Hop, vous êtes trop pour être cités… Et bien sûr tous ceux qui m’écoutent et me soutiennent !

— Depuis notre rencontre avec RES, il a fait la première partie de Youssoupha à Poitiers, en voici un aperçu.


RES fait partie de cette nouvelle génération de MC’s très prometteurs… Et nous lui souhaitons une belle réussite dans ses projets ! En attendant la suite, sa mixtape « 1er coup d’griffes » est toujours en écoute et téléchargement gratuit. Pour y accéder, cliquez ICI.

>> Plus d’infos sur sa page Facebook

NJ

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